4%. C’est tout. Sur les 15,8 millions de Marocains inscrits sur les listes électorales pour le scrutin du 23 septembre, les jeunes de 18 à 24 ans ne représentent que 4% du corps électoral. À l’autre extrémité, les 60 ans et plus en représentent 29%.
Le chiffre interpelle forcément. Mais il serait probablement trop facile d’y voir une nouvelle confirmation du supposé désintérêt des jeunes Marocains pour la chose politique.
Car les jeunes sont aujourd’hui partout dans le débat public. Ils discutent, commentent, contestent, interpellent. Sur les réseaux sociaux notamment, ils sont souvent les premiers à réagir sur des sujets tels que l’emploi, l’éducation, la santé, le pouvoir d’achat ou les politiques publiques. Ils ne sont donc pas du tout éloignés de la politique. Mais peut-être qu’ils le sont beaucoup plus de ses circuits traditionnels. Et bien sûr des listes électorales. C’est là que réside l’un des grands enjeux de ce scrutin.
Un parti comme le RNI l’a compris depuis longtemps en allant chercher cette population sur le terrain, bien avant la campagne électorale. À travers ses rencontres, ses processus d’écoute et les différentes initiatives menées ces dernières années, le parti a fait de l’élargissement de sa base et de la mobilisation de nouveaux électeurs un axe central de son action. Et ce n’est pas par hasard que le parti dispose aujourd’hui et de loin de la jeunesse la plus active et la plus visible du champ partisan.
Les rassemblements de ces derniers jours, avec une présence remarquée de jeunes et de femmes, montrent d’ailleurs que le désintérêt n’est certainement pas une fatalité. Le tout est de savoir transformer l’intérêt en inscription et l’inscription en vote.
C’est cela le véritable paradoxe : une génération omniprésente dans le débat public mais pratiquement absente du corps électoral peut commenter quotidiennement les décisions politiques sans peser le jour où ces décisions se transforment en choix démocratique.
Il est incontestable qu’avec 4%, les 18-24 ans disposent aujourd’hui d’un poids électoral sans rapport avec leur place dans la société.
Pour les partis capables d’aller les chercher, de les écouter et surtout de les convaincre de voter, ils représentent aussi un formidable réservoir démocratique qui peut peser significativement dans les urnes…










