EditorialUne

Les pirates du jeu

© D.R

10.000 milliards DH. C’est le volume que captent aujourd’hui, selon certaines estimations sérieuses, des entreprises «voyous», voire criminelles, qui opèrent illégalement dans les activités de jeux et paris sportifs.

Paradoxalement, certaines, pour ne pas dire la majorité, d’entre elles bien que faisant dans l’activité illicite opèrent au grand jour, au vu et au su des États et des autorités mondiales. Elles ont pignon sur rue à travers des applications et des plateformes digitales dûment disponibles sur les stores des opérateurs et hébergeurs internationaux, elles investissent le paysage médiatique à travers leurs annonces publicitaires, y compris dans les grands stades européens, les matchs de la prestigieuse Champions League et, comble de la défiance, affichent leurs logos et marques sur les maillots de grands clubs de football à travers la planète.

Qui dit mieux. Ces opérateurs pirates collectent chaque jour à travers les smartphones des milliards de dollars de mises dans des pays où pourtant l’industrie du jeu est réglementée, parfois monopolisée légalement par l’État.

Mais en contrepartie, étant des entreprises fantômes, elles ne paient aucun impôt ni redevance à personne.
Chose que peut-être peu de gens savent : beaucoup de ces entreprises délinquantes sont basées, même si ce n’est qu’à travers des boîtes postales écrans, au cœur même de l’Europe.

Pourtant le pas le plus courageux viendra du Maroc qui a décidé cette semaine de porter plainte contre un des pirates du jeu les plus connus de la planète et qui subtilise à l’État marocain chaque année quelque 700 millions DH au bas mot.
En attendant que d’autres pays, européens ou autres, lui emboîtent le pas…