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Les semences du futur

© D.R

Les rapports internationaux ont ceci d’intéressant qu’ils permettent parfois de regarder son propre pays avec un peu de recul.

Celui que vient de publier la Banque mondiale sur la sécurité alimentaire dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord s’y inscrit parfaitement. Il ne distribue pas les bons et les mauvais points. Il suggère plutôt des feuilles de route adaptées à chaque catégorie de pays.
Pour les économies dites à revenu intermédiaire, dont fait partie le Maroc, l’analyse de la Banque dégage trois priorités majeures : intensifier l’innovation et l’accès au financement, investir dans une gestion plus efficace de l’eau et améliorer l’environnement des affaires. Trois recommandations qui résonnent étrangement avec les grandes orientations engagées ces dernières années dans notre pays.

Longtemps, les politiques agricoles qui se sont succédé s’étaient essentiellement mesurées en hectares cultivés, en récoltes et en volumes produits. Une grille de lecture nécessaire, importante, mais désormais plus suffisante. Les défis climatiques, la pression sur les ressources hydriques, les exigences des marchés internationaux et les impératifs de sécurité et souveraineté alimentaires imposent désormais une vision beaucoup plus large.
Il n’est plus question d’activité agricole au sens strict du terme mais de véritables écosystèmes agroalimentaires où la recherche, l’innovation, les infrastructures hydrauliques, l’industrie des intrants, la logistique, la transformation, les compétences et les financements sont tout aussi importants que les activités en champs.

Les investissements massifs dans les stations de dessalement, la poursuite de la modernisation de l’irrigation, les programmes de valorisation agricole, le développement des filières, l’accompagnement des jeunes entrepreneurs ruraux ou encore les efforts consentis pour renforcer les chaînes de valeur illustrent cette évolution. Et le Chef du gouvernement en faisait d’ailleurs état en début de semaine devant les parlementaires.
Évidemment que tout n’est pas réglé. Les contraintes climatiques vont s’amplifier, les revenus des agriculteurs restent fragiles dans certaines régions et l’accès au financement doit encore progresser. Mais la direction prise apparaît de plus en plus cohérente avec les standards internationaux.

Le mérite d’un rapport tel que celui de la Banque mondiale est peut-être moins de dire au Maroc ce qu’il devrait faire que de valider et confirmer que les transformations déjà engagées répondent aux nouveaux déterminants de la sécurité alimentaire. La véritable question n’est plus seulement de savoir comment produire davantage. Elle est désormais de bâtir un système capable de produire mieux, de résister aux crises tout en créant davantage de valeur et d’emplois plus qualifiés. C’est cela la nouvelle agriculture du XXIème siècle.  Saâd Benmansour

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