Pour les neuf premiers mois de 2023, les statis- tiques des autorités monétaires indiquent que le secteur bancaire national a capté quelque 1.100 milliards DH sous forme de dépôts dont une grande partie, environ 850 milliards DH, sont des dépôts appartenant à la clientèle des ménages, ce qui pourrait s’apparenter à de l’épargne domestique.
Fait intéressant, ce volume est en hausse de presque 5% par rapport à son niveau un an auparavant. Faut-il en déduire que les ménages marocains ont, paradoxalement, amé- lioré leur capacité d’épargne malgré la conjonc- ture inflationniste ? Ce pourrait être un facteur d’explication mais pas le seul. Car avec les mesures prises par les pouvoirs publics pour encourager les acteurs de l’informel à intégrer les circuits financiers réguliers, beaucoup ont probablement opté pour l’abandon de leurs acti- vités souterraines. A cela s’ajoute certainement l’effet d’entraînement inévitable et insoupçonné de quelques réformes structurantes, comme la généralisation de la protection sociale ou les aides sociales directes qui se mettent en marche.
Ce type de réformes, bien qu’éloignées du sujet de prime abord, ont pourtant pour effet d’amener des acteurs, convaincus qu’ils ont tout à gagner au change, à opter pour une formalisation de leurs activités. Ils sont du moins acculés à le faire à travers les procédures de déclarations obliga- toires pour pouvoir bénéficier, avec leurs familles, des avantages induits des nouveaux filets sociaux et autres. Au passage, cela servira grandement la stratégie de l’inclusion financière, autre levier intéressant pour combattre l’économie souter- raine nuisible. C’est là une preuve de plus que contre l’informel, une seule voie, celle de la répression, est loin d’être efficace. Elle ne peut être que complémentaire avec un dispositif plus large et multidimensionnel.










