EditorialUne

Lifting vital

© D.R

Les pouvoirs publics ont décidé de dépoussiérer le Code des investissements agricoles. Le texte actuel remonte à 1969. Un demi-siècle plus tard, l’agriculture marocaine n’a plus grand-chose à voir avec celle de l’époque.

Depuis le lancement du Plan Maroc Vert en 2008, prolongé aujourd’hui par Génération Green 2030, le secteur a connu une transformation profonde. Modernisation des exploitations, structuration des filières, développement de l’agro-industrie, conquête de marchés à l’export… l’agriculture marocaine est devenue un pilier économique majeur et un secteur stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

Or cette mutation s’est opérée au moment où le cadre incitatif, lui, est d’une autre époque. Cela illustre une réalité bien connue : dans la fabrique de la loi, le droit arrive souvent après la pratique. Les activités évoluent, les usages se transforment, les modèles économiques changent… et la législation finit par s’ajuster pour accompagner ce mouvement.
Depuis la création du Bulletin officiel en 1912, le législateur marocain a produit des dizaines de milliers de textes. Plus de 7.400 numéros ont été publiés en un peu plus d’un siècle, constituant un corpus juridique considérable qui accompagne l’évolution de l’État, de l’économie et de la société. Mais cette accumulation progressive pose aussi une question plus large : comment maintenir le cadre normatif en phase avec un pays qui se transforme à grande vitesse ?

Agriculture, industrie, énergie, infrastructures, numérique, finance… dans presque tous les secteurs, les mutations économiques et technologiques s’accélèrent. De nouveaux métiers apparaissent, des chaînes de valeur se recomposent, les attentes des citoyens et des investisseurs évoluent. Dans ce contexte, la mise à jour régulière des cadres juridiques devient une nécessité.
Car un corpus législatif qui ne se renouvelle pas suffisamment peut progressivement perdre de sa pertinence. Au lieu de soutenir la dynamique économique, il risque de rester en décalage avec les réalités du terrain.

Réviser les textes, les simplifier et les adapter n’est donc pas seulement un exercice juridique : c’est aussi une condition pour accompagner les transformations du pays et soutenir l’élan de développement.