En annonçant aujourd’hui ses mesures pour protéger durablement le pouvoir d’achat des Marocains, le RNI fait un exercice difficile de grand écart entre deux antipodes que sont la durabilité dans le temps et l’imprévu devenu aujourd’hui une donne constante…(lire l’article en page 7).
Il est presque acquis aujourd’hui que les grandes réformes ne peuvent plus être pensées comme auparavant. Pendant longtemps, il était possible de bâtir des stratégies sur dix ou quinze ans en s’appuyant sur des tendances relativement prévisibles. Désormais, les choses vont beaucoup plus vite et surtout beaucoup moins droit.
La volatilité de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques, les perturbations des échanges, les crises énergétiques ou climatiques qui se succèdent rendent l’exercice de la planification de plus en plus complexe. Les certitudes d’hier peuvent être remises en cause en quelques mois seulement.
Dans un tel environnement, la priorité n’est plus simplement de prévoir l’avenir. Elle consiste surtout à construire des dispositifs capables de durer, de s’adapter et d’évoluer en fonction des circonstances. C’est probablement devenu l’un des principaux défis des politiques publiques.
L’exercice n’est pas simple. Il exige une grande proximité avec le terrain pour comprendre rapidement les évolutions et les nouveaux besoins. Il suppose aussi une capacité à faire preuve d’imagination et d’innovation pour explorer des pistes qui n’auraient parfois pas été envisagées quelques années plus tôt.
Mais avant tout, il faut avoir une vision claire des priorités.
À ce titre, la généralisation de la protection sociale engagée ces dernières années, la mise en place du soutien social direct et les différents mécanismes destinés à préserver le pouvoir d’achat des ménages ont constitué une évolution majeure de l’action publique. Des millions de Marocains bénéficient aujourd’hui de dispositifs qui n’existaient pas il y a encore peu de temps.
Sauf que les crises qui se sont succédé depuis 2022 ont aussi montré une autre réalité. Le défi n’est plus seulement de protéger les citoyens lorsqu’une crise éclate. Il est de mettre en place des mécanismes capables de continuer à les protéger durablement, même lorsque les chocs se répètent.
C’est là toute la différence entre gérer une urgence et construire une protection dans la durée.
Dans un monde où l’instabilité devient presque la norme, les politiques publiques ne peuvent plus seulement répondre aux crises. Elles doivent prendre une longueur d’avance sur elles. Autrement dit, elles doivent déjà penser au coup d’après.










