L’imposant programme d’investissement que l’ONCF s’apprête à déployer sur la ville de Casablanca n’est pas une opération comme les autres.
En renforçant et en modernisant l’infrastructure ferroviaire, il ambitionne avant tout d’apporter des réponses concrètes à la problématique chronique de mobilité qui pèse lourdement sur le quotidien des habitants de la métropole. Les projets inaugurés cette semaine par le Souverain traduisent cette volonté immédiate : faciliter les déplacements de centaines de milliers, voire de millions de citoyens et usagers.
Mais réduire cet effort colossal à une simple amélioration du confort des voyageurs serait en minimiser la portée. Ce programme revêt une dimension structurelle qui va bien au-delà du seul transport ferroviaire. Il constitue une véritable colonne vertébrale sur laquelle les autres modes de mobilité — bus, taxis, tramway, busway, futures solutions électriques ou autonomes — devront nécessairement s’articuler. Car l’efficacité d’un système urbain moderne repose sur l’interopérabilité : continuité des trajets, harmonisation des horaires, intégration tarifaire, qualité de service homogène.
À terme, c’est toute la gouvernance du transport à Casablanca qui sera appelée à évoluer. L’existence d’une dorsale ferroviaire robuste poussera les autres opérateurs à se hisser aux mêmes standards techniques et organisationnels. Ils seront, pour ainsi dire, «tirés vers le haut» par la dynamique enclenchée par le rail.
Le train, fidèle à sa vocation, ne se contente donc pas de transporter des voyageurs. À Casablanca, il est en passe de redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : une locomotive, au sens propre comme au figuré, du développement urbain.









