EditorialUne

Moyenne trompeuse

© D.R

D’année en année les disparités s’amenuisent entre régions en termes de création de richesse.

Mais le fait est que, en 2020, soit 6 ans après l’adoption officielle de la loi organique relative aux régions, elle-même fruit d’un processus dont la maturation avait nécessité 5 ans, les écarts entre les 12 régions du Maroc sont encore flagrants. Les statisticiens du HCP l’ont estimé à quelque 70 milliards DH en termes de PIB. Ce chiffre n’est en fait qu’une moyenne arithmétique qui ne reflète certainement pas l’ampleur du fossé entre les extrêmes. Surtout, en plus, que ladite estimation ne rend compte que d’un seul agrégat économique, à savoir le PIB qui est loin de renseigner de manière précise sur le niveau de performance d’une région.

Car le PIB, à lui seul, est une sommation statistique de valeurs ajoutées et n’est qu’une composante de la performance globale d’une région. Cette dernière se mesure aussi à travers d’autres indicateurs socio-économiques, sociétaux, culturels, le tout corrigé par des paramètres comme la démographie. Un PIB, quel que soit son niveau, ne signifie rien s’il n’est pas rapporté à la taille de la population, par exemple, ou à l’effectif des opérateurs économiques. Amorcer une transformation véritable des régions passera nécessairement par l’élaboration non pas simplement de plans de développement régionaux, comme c’est déjà le cas, mais de vrais contrats de performance collectifs qui engagent les gestionnaires de territoires envers les pouvoirs publics, la population, les bailleurs de fonds ainsi que les partenaires institutionnels et économiques.