Fin 2021, au moment où le gouvernement prenait ses fonctions, et dans les mois qui ont suivi, on ne peut pas dire que les astres étaient favorablement alignés.
Bien au contraire. La pandémie mondiale était encore à son paroxysme, l’activité économique planétaire quasiment paralysée. Puis, à peine amorcée, la reprise allait provoquer une pression inédite sur les matières premières et sur les produits de tous genres, entraînant mécaniquement une flambée des prix, des tensions sur le fret et une perturbation profonde des chaînes d’approvisionnement.
Dans le même temps, et presque en arrière-plan, le cycle de sécheresse se poursuivait, installant durablement le risque hydrique dans le quotidien. Et comme si cela ne suffisait pas, septembre 2023 est venu rappeler la brutalité du réel avec le séisme d’Al Haouz : des milliers de familles touchées, une urgence humaine absolue. Plus récemment encore, les inondations dans le Gharb ont prolongé cette succession d’épisodes difficiles.
Dans ce contexte, le choix qui a été fait — et assumé — est resté constant : donner la priorité à l’humain, parfois même à l’urgence humanitaire, tout en maintenant une forme de rigueur dans la gestion des finances publiques, pourtant soumises à une pression permanente et sans précédent. Le gouvernement aurait pu opter pour une voie plus simple, réduire les dépenses, freiner l’effort. Cela aurait été compréhensible, et même justifiable.
Il a fait un autre pari. Celui de tenir l’équilibre, sans lâcher sur l’essentiel (Lire le dossier pages 4 à 7).
Au fond, une bonne partie du mandat n’a pas vraiment été une période de confort ni même de projection. C’était d’abord une phase de gestion, d’adaptation, parfois d’urgence. Et c’est peut-être là que se lit le mieux la trajectoire engagée : dans cette capacité à avancer malgré tout, sans céder à la facilité, dans la lucidité à traiter l’urgence prioritaire sans perdre de vue le cap et les fondamentaux…










