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Nouvelles poches de croissance

© D.R

La création de cinq sociétés régionales chargées de gérer et de valoriser les infrastructures sportives liées à la Coupe du monde 2030 a été dûment actée au dernier Bulletin officiel. Cela peut passer, à première vue, pour une simple mesure d’organisation.

Mais derrière ce dispositif technique peut se cacher en réalité un signal beaucoup plus stratégique. Celui d’un pays qui commence à penser le sport non plus seulement sous le prisme du spectacle, du jeu, de la passion collective ni même de la compétition, mais comme un véritable secteur économique.

Pendant longtemps, les grandes compétitions sportives étaient envisagées essentiellement sous l’angle de l’image et du rayonnement. Organiser un tournoi international, accueillir des millions de téléspectateurs devant leurs écrans, montrer au monde ses infrastructures et sa capacité d’organisation. C’est utile, c’est prestigieux même. Mais cela reste souvent limité à l’événement lui-même.

La vision semble évoluer aujourd’hui. Les infrastructures sportives que l’on prépare pour 2030 ne sont plus seulement conçues pour quelques matchs de football. Elles devront devenir des plateformes d’activité capables d’accueillir des concerts, des événements internationaux, des manifestations culturelles ou économiques, des salons… Et autour d’elles devront se dessiner des quartiers entiers combinant tourisme, loisirs et commerce.
Autrement dit, le sport cesse progressivement d’être un coût public pour devenir un moteur de production économique.
Il ne s’agit pas pour le Maroc de réinventer la roue. Dans plusieurs pays, l’industrie du sport représente désormais une part significative de l’économie, mobilisant une chaîne de valeur qui dépasse les enceintes des stades : marketing sportif, droits audiovisuels, tourisme, événementiel ou encore formation des talents.

La Coupe du monde 2030 pourrait ainsi jouer le rôle d’accélérateur. Non pas seulement comme une fête du football, mais comme un catalyseur capable de structurer un véritable écosystème autour du sport.
Mais l’essentiel se jouera après le coup de sifflet final de la Coupe du monde qui ne sera peut-être qu’un point de départ. Car si la dynamique actuelle se confirme, le Maroc pourrait bien être en train de découvrir une nouvelle piste de croissance : celle de l’économie du sport.

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