Editorial

Petit bonjour

Enfin, l’Iran est d’accord pour discuter de l’Irak avec les Etats-Unis. C’est une bonne nouvelle. Car rien dans ce pays meurtri ne peut se régler s’il n’y a pas un minimum de dialogue, même de sourds, entre la puissance occupante et la puissance tutélaire. Le drame quotidien des Irakiens et sa cohorte de malheurs est le produit de deux projections de puissance sur son territoire. L’une, en définitive, de nature coloniale, celle des USA. Et l’autre, régionale, de nature hégémonique, celle des Iraniens. Aujourd’hui, sur le terrain, la situation est tellement dégradée, et sans issue, que le dialogue entre les deux leaderships, puissants, en sanglante compétition s’impose de lui-même même s’il prend la forme d’une entente illicite. Nous sommes, désormais, dans une logique de sous-traitance. Le donneur d’ordre américain veut s’assurer si les Iraniens sont capables de faire le travail à leur place, dans les délais, et à un coût moindre. Au prix, tout de même, d’un dumping éthique qui va diminuer, pour les Américains, le coût moral d’une guerre illégitime.