L’’année tire à sa fin. C’est une évidence. Nous-mêmes, je veux dire tous, nous sentons l’effet – un vrai labeur – des douze derniers mois passés à essayer de donner corps aux vœux et aux souhaits de l’année précédente. Nous nous préparons, maintenant, à former les vœux et les souhaits pour l’année qui suit. Et ainsi de suite, d’année en année. La formulation des vœux constitue l’essentiel de notre activité — la multiplication des occasions fériées au Maroc est une aubaine — sans que l’on prenne vraiment le temps, dont nous ne disposons pas, de voir si la vie souhaitée ressemble vraiment à la vraie vie. La vie des vœux et des souhaits est pacifique, fraternelle, chaleureuse, amicale, glamour et affectueuse. La vie normale, quant à elle, est moins flamboyante. La famille française décimée en Mauritanie d’une manière ignoble a dû recevoir des vœux l’année dernière. Cela n’a pas suffi. Elle n’en recevra pas cette année. Comme n’en recevront pas les morts du ravin de Chefchaouen. Une litanie ! Quand un journaliste prend le temps de réfléchir — un exercice inhabituel pour la plupart d’entre nous — la mélancolie le saisit. La trêve des confiseurs ne fait pas que du bien. Elle distille un blues perfide.








