Editorial

Petit bonjour

Abdelilah Benkirane revient à la charge. Le patron du parti islamiste, le PJD, tend de nouveau la main aux socialistes pour une alliance électorale lors des élections communales. Il argumente, explique et met en perspective sa démarche. S’il faut mettre la «vertu» — la bonne gouvernance — au service de la gestion communale, il considère, sur ce point de convergence, qu’une alliance peut être envisagée avec l’USFP sans préjudice idéologique. Chacun gardant ses valeurs identitaires, ne sont mises en commun que les valeurs partagées. La stratégie de Benkirane est simple. Ne pouvant aller tout seul au gouvernement — la démocratie marocaine étant ce qu’elle est — , il lui faut trouver, à tout prix, un partenaire crédible et sérieux  avec lequel il veut bien apprendre à travailler, d’abord au niveau communal, et ensuite au niveau gouvernemental. Des fiançailles avant le mariage. La démarche du PJD, qui a jeté son dévolu sur l’USFP, semble claire. C’est du côté des camarades que les choses sont moins nettes. Depuis la fin du 8ème Congrès où l’alliance électorale avec le PJD a servi de marqueur — ou de stigmate — le silence radio sur la question est de rigueur. Le promoteur de cette idée, au départ, saugrenue, Driss Lachgar, a l’air de s’être calmé sur la question après avoir retrouvé — non sans panache arithmétique — une place parmi les siens. Et ceux qui refusent la confusion politique, la combine électorale et les valeurs partagées avec le PJD n’ont plus de voix. Ils les ont éteintes, les unes après les autres.