Editorial

Petit bonjour

Obama s’est installé. Les ennuis peuvent commencer. La période de transition, et ses rêves immenses porteurs – un monde nouveau -, est terminée. Le réel va prendre le pas sur le virtuel. Et nos désirs — ceux du monde dans le cas d’Obama — vont être confrontés, dès aujourd’hui, à une réalité têtue. Les dossiers sont connus : l’Irak, l’Afghanistan, l’Iran, la Palestine, pour ce qui concerne la sphère arabo-musulmane; la crise économique, la récession, le chômage, la faillite du capitalisme financier, etc. pour ce qui concerne les USA et le monde; l’Afrique, l’environnement, l’avenir de la planète, l’énergie, le partage des ressources, etc. pour ce qui nous concerne tous. C’est beaucoup pour un seul homme sur lequel le monde a projeté toutes ses carences, toutes ses frustrations, et toutes ses difficultés. Obama n’est pas un homme providentiel pour l’Amérique uniquement. Il l’est aussi, par la force de la mondialisation, et son profil personnel lui-même hyper-mondialisé, providentiel, pour le monde entier. Un président-monde a, certes, pris les rênes d’un pays, les USA, mais, juste, parce qu’il fallait bien le domicilier quelque part. Le pendant de cette euphorie mondiale est la déception universelle qui peut survenir si les choses tournent mal. Et si on n’avait affaire qu’à un politicien habile et rusé, soucieux de sa carrière, qui a réussi un coup de maître en profitant simplement de la débâcle d’un bushisme catastrophique et suicidaire ? Si, finalement, Obama n’était que le 44ème président des Etats-Unis d’Amérique, et pas plus. C’est-à-dire avec tout ce que cela peut comporter comme leadership dévoyé, comme égoïsme national, comme tentation protectionniste et comme refus d’assumer des responsabilités ?