Editorial

Petit bonjour

Ce qui arrive à Aboubakr Belkora à Meknès — la destitution par le ministère de l’Intérieur du maire PJD de la ville pour des problèmes de gouvernance — a plusieurs conséquences notamment politiques. Essayons d’y voir clair. Le modèle de gestion d’une grande ville par le PJD vole en éclats et aligne, de ce fait, ce parti sur des standards locaux connus. Que cet évènement survienne à quelques mois des élections communales est une donnée qui n’est pas neutre. L’agenda de cette affaire est peut-être plus important que l’affaire elle-même. La clarté du message à peine subliminal est indéniable. D’un autre côté, dans la foulée du fameux communiqué de la primature sur Gaza, ce dossier vient alourdir davantage la barque du PJD version Abdelilah Benkirane. La lune de miel — une trêve ? — entre ce parti et les pouvoirs publics semble, bel et bien, terminée. L’approche des élections communales, et les inquiétudes qu’elle suscite, au sujet d’un raz-de-marée islamiste, polarise de cette rupture. La phase de banalisation dans laquelle est entré ce parti ne sert plus, à l’évidence, ses intérêts électoraux. En une semaine, les excuses de Benkirane et le sacrifice de Belkora constituent deux éléments objectifs de positionnement qui laissent penser que ce parti — à défaut d’imaginer une nouvelle radicalité — a perdu la main.