Editorial

Petit bonjour

La Terre ne tourne plus rond. On n’a jamais eu autant froid que depuis que l’on parle de réchauffement climatique. Le refroidissement d’ici est dû à une augmentation intempestive de la température ailleurs. C’est aussi simple qu’une lapalissade. Un des signes de ce réchauffement ce sont, semble-t-il, les pluies diluviennes qui s’abattent sur nous. L’évaporation de là-bas se paie en trombes chez nous. Plus ou moins et sans rentrer dans des détails que nous ne maîtrisons pas. Les inondations du Gharb, les incendies d’Australie, la fonte de glaces du pôle Nord, la neige à Paris, la canicule partout… Tout cela c’est la même face, de la même médaille. Une sorte de folie climatique dont les saisons sont les premières victimes. Elles ne sont plus ce qu’elles étaient. Elles sont, souvent, pires. Et pour cause. Le trou de Kyoto ! Chez nous où notre mémoire est sursaturée de périodes dramatiques de sécheresse cyclique, on n’arrive pas à trop bien réaliser ce qui nous arrive. Le taux de remplissage des barrages est exhibé comme un trophée. On sait faire. Mais cette même satisfaction victorieuse est tout de suite pondérée par le taux de débordement, tout aussi dramatique, des eaux. Les prières rogatoires collectives, communes en période de sécheresse, n’ont pas d’équivalent en période de crue des oueds et d’inondations dévastatrices. La sécheresse des cœurs, à elle seule, n’est pas suffisante pour attendrir la nature.