La bataille qui vient de se jouer dans les couloirs de l’Unesco autour du caftan n’a rien d’un simple épisode folklorique. Elle révèle, au contraire, une réalité plus profonde : ce qui se joue dans ce genre de dossiers n’est pas une querelle d’esthétique, d’étiquette ou de propriété mais un combat pour la préservation d’une identité.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le Maroc doit défendre ainsi l’évidence. En 2021, lors de l’inscription de la Tbourida au patrimoine immatériel de l’humanité, on avait eu droit au même scénario avec les mêmes tentatives de spoliation et les mêmes impostures.
Le Royaume a pourtant toutes les raisons, et même le devoir, de protéger corps et âme les éléments constitutifs de son patrimoine. Car le patrimoine immatériel n’est pas un musée du passé. Il est ce qui relie une nation à son histoire, ce qui soude ses communautés, ce qui façonne ses représentations et irrigue sa continuité.
Préserver une tenue ancestrale, une tradition équestre, un art culinaire ou un rituel social, ce n’est pas juste s’accrocher à du pittoresque. C’est veiller à ce que les marqueurs d’une civilisation — ses gestes, ses expressions, ses formes, son esthétique — se transmettent, se régénèrent, vivent encore demain comme son ADN.
Dans un monde traversé par la standardisation et les identités de synthèse, ces combats patrimoniaux deviennent des actes de souveraineté culturelle. Ils rappellent qu’une nation qui connaît la valeur de son héritage est une nation qui se tient debout, qui refuse la dilution, qui revendique ce qui lui revient et qui assume ce qu’elle apporte aux autres. Défendre le caftan, le zellige, la Tbourida ou tout autre élément du patrimoine marocain n’est pas un réflexe antique ni superflu : c’est une affirmation moderne, un geste de cohésion et un acte de résilience. C’est protéger les racines pour mieux affronter l’avenir.










