La généralisation progressive de la langue anglaise à tout le cursus collégial, le lancement effectif de la langue amazighe, le déploiement du nouveau concept de «l’école pionnière» testé cette année… la rentrée scolaire 2023-2024 sera résolument chargée en nouveautés et pas que sur le plan purement pédagogique ou organisationnel. Car l’ancrage de nouvelles langues est un acte dont la portée va au-delà d’une simple réforme ou d’un réajustement. Il s’agit d’une mutation plus profonde qui touche l’ADN. Car la langue n’est pas seulement un moyen de communiquer mais elle véhicule avec elle une culture, une vision et un mindset. L’apprentissage de l’anglais ou en anglais, surtout dans les matières scientifiques, permet de surcroît une plus grande ouverture sur des fonds documentaires et des références plus riches et plus actuels. Cela constituera assurément une rupture avec l’apprentissage en français ou en arabe qui ne doivent pas disparaître pour autant. Le concept de «l’école pionnière», tel qu’il a été présenté et même expérimenté, présente, lui aussi, une révolution car il touche au cœur même du process, c’est-à-dire la méthode, voire la philosophie à la base de l’approche de l’enseignant qui devra désormais assurer un apprentissage inclusif à tous les apprenants et faire en sorte que les lacunes soient détectées et corrigées en temps réel. La logique est totalement à l’opposé de ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui dans l’école marocaine où les élèves en difficultés sont systématiquement «largués» et finissent par être exclus, éjectés. Si l’école redevient véritablement inclusive pour toutes et tous, ce sera déjà une grande victoire.










