Les grèves que connaît depuis quelques jours le secteur de l’enseignement posent, de manière collatérale, une grande question concernant la réelle représentativité des syndicats au sein de l’éducation nationale et, par extension, dans d’autres secteurs.
Car, on se rappelle bien que l’une des toutes premières manches de dialogue avec les partenaires sociaux qu’avait ouvert le gouvernement dès 2022, au lendemain de son entrée en fonction, était réservée aux fonctionnaires de l’éducation nationale dont fait partie le corps enseignant. Cette première manche avait même donné lieu à la signature de premiers accords.
S’ensuivit un long processus de concertation qui est aussi passé par le dialogue social puis par un dernier accord signé en janvier 2023. Tout ce processus, dont l’existence a été actée et reconnue officiellement et en son temps par les directions des différents syndicats, est bien la preuve irréfutable que concertation il y a eu et que les mesures et décisions du gouvernement ont bien fait l’objet de discussion, de partage et d’accords.
Et, depuis un an et demi que ces échanges durent, il n’y a eu à aucun moment de la part des syndicats la moindre expression officielle et formelle d’une quelconque objection, réserve ou refus des mesures et sujets objet de la discussion ou ne serait-ce qu’un début d’alarme.
Comment expliquer alors que des dizaines de milliers d’enseignants se retrouvent aujourd’hui dans la rue, sous l’égide de dizaines de coordinations, à exprimer leur mécontentement de ce qui a été décidé ? Étaient-ils informés régulièrement de l’avancement des concertations ? Comment expliquer qu’après coup, les mêmes responsables syndicaux brandissent eux aussi et subitement leur refus de mesures auxquelles ils ont eux-mêmes contribué pour leur élaboration ?










