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Ressources d’influence

© D.R

Les minerais critiques constituent une thématique encore émergente dans le débat public, mais qui s’imposera, sans aucun doute, comme l’un des grands enjeux économiques et géostratégiques des prochaines décennies.

Les équilibres du monde en construction se redessinent désormais autour de la maîtrise des ressources jugées vitales pour les transitions industrielles, énergétiques et technologiques. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant qu’une rencontre de haut niveau ait été récemment consacrée à Washington à la redéfinition de la cartographie mondiale des minerais critiques. Et le Maroc y occupait naturellement une place de choix.

Comment aurait-il pu en être autrement lorsque le Royaume détient l’un des leviers miniers les plus sensibles à l’échelle planétaire: les phosphates, dont dérive une multitude de produits stratégiques indispensables aux industries modernes et, surtout, aux engrais nécessaires pour nourrir une population mondiale en constante croissance. Mais au-delà de la richesse du sous-sol, c’est surtout la trajectoire industrielle construite autour de cette ressource qui distingue le Maroc.

Depuis plusieurs décennies, le Royaume a volontairement dépassé le simple statut d’exportateur de matière brute. À travers un acteur de dimension mondiale comme OCP, le Maroc s’est doté d’un véritable conglomérat industriel, capable non seulement d’exploiter la ressource, mais aussi de la transformer, d’innover et d’investir massivement dans la recherche, la durabilité et la souveraineté alimentaire mondiale. Cette évolution illustre une vision stratégique qui consiste à faire des ressources naturelles un véritable moteur de développement économique et un instrument d’influence internationale.

Dans un monde où la compétition pour l’accès aux ressources s’intensifie, la véritable richesse ne réside plus uniquement dans ce que renferme le sous-sol, mais dans la capacité à maîtriser toute la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation, jusqu’à l’innovation et à l’exportation du savoir-faire. La question n’est plus seulement de savoir qui possède les ressources, mais qui sait en faire un projet de développement durable et d’influence globale.

Et à mesure que le monde entre dans l’ère des transitions énergétique, alimentaire et technologique, les minerais critiques deviendront sans doute ce que furent, en leur temps, le pétrole ou le gaz : des vecteurs de puissance, mais aussi de responsabilité.

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