Bank Al-Maghrib vient de revoir sensiblement à la hausse ses projections de croissance pour 2026, désormais attendue à 5,6%, contre une estimation initiale autour de 4,5% formulée en décembre dernier (lire l’article en page 8).
Cette correction n’a rien de surprenant au regard de la physionomie de la saison hivernale. Les précipitations abondantes, parfois exceptionnelles, et les apports hydriques significatifs enregistrés au niveau des barrages ont profondément modifié les perspectives, en particulier pour le secteur agricole, avec des effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie.
Mais fidèle à son éternelle prudence, la Banque centrale tempère déjà cet optimisme. Après une année 2026 qui s’annonce donc dynamique et marquée par de bonnes performances, elle anticipe pour 2027 un net ralentissement de la croissance.
Une lecture qui rappelle, en creux, la persistance de certaines fragilités structurelles, au premier rang desquelles la dépendance à la pluviométrie même si elle est en net recul. Il est indiscutable que les projections de Bank Al-Maghrib reposent sur des fondements solides. C’est même une exigence pour une institution dont la crédibilité repose sur la rigueur de ses analyses. Mais au-delà des chiffres, la question des hypothèses mérite d’être davantage éclairée. Car derrière chaque prévision se cachent des scénarios implicites : évolution de la demande extérieure, rythme de l’investissement, trajectoire des prix ou encore conditions climatiques. Or, dans un environnement économique de plus en plus incertain, ces hypothèses deviennent presque aussi importantes que les chiffres eux-mêmes. Les prévisions de la Banque centrale ne sont pas de simples exercices techniques.
Elles sont scrutées, interprétées et souvent intégrées comme des signaux avancés par les investisseurs, les entreprises et l’ensemble des acteurs économiques. Dès lors, si les analystes de BAM pouvaient expliciter davantage les ressorts de leurs anticipations, cela permettrait non seulement d’enrichir le débat, mais aussi de renforcer la lisibilité et l’appropriation des orientations économiques. Car au fond, au-delà des chiffres, ce sont bien les trajectoires qui comptent. Et celles-ci gagnent toujours à être comprises, autant qu’annoncées.










