Sur les marchés internationaux, les prix de l’énergie flambent. Le gaz butane atteint des niveaux inédits.
Les produits pétroliers s’envolent. Partout, la même mécanique se déclenche : hausse des coûts, transmission aux prix, pression sur le pouvoir d’achat. Partout… sauf là où l’État décide d’intervenir pour intercepter intelligemment l’inflation avant même qu’elle n’entre dans l’économie réelle.
En maintenant le prix du butane, en stabilisant les tarifs de l’électricité, en soutenant le transport, l’État agit directement sur les points de passage obligés de la hausse des prix. Il ne compense pas après coup. Il bloque en amont. Il coupe les circuits de propagation (lire l’article en page 7).
Des décisions présentées comme sectorielles, mais qui, mises bout à bout, dessinent un véritable dispositif de régulation.
C’est là toute la singularité du moment. L’inflation existe. Elle est là, dans les marchés mondiaux. Mais elle est contenue, absorbée, filtrée avant d’atteindre les ménages.
Évidemment que ces choix ont un prix. Et ce qui n’est pas payé par le consommateur l’est ailleurs, en l’occurrence par les finances publiques. Derrière la protection immédiate, une question s’impose : jusqu’où l’État peut-il tenir ce rôle d’amortisseur?
La pandémie de 2020 a déjà apporté un élément de réponse. Dans l’urgence, le Maroc avait tranché sans l’ombre d’une hésitation : soutenir, protéger, stabiliser… quoi qu’il en coûte. Préserver d’abord l’essentiel, quitte à différer les équilibres.
C’est une doctrine. Dans les moments de crise, l’État ne cherche pas à arbitrer entre rigueur et soutien. Il choisit de gagner du temps.
Car fermer les canaux de propagation de l’inflation ne la fait pas disparaître. Il la retarde, la déplace tout en absorbant une partie pour éviter qu’elle ne devienne sociale et politique.
Pour l’instant, le choix est clair. La stabilité des prix prime sur tout le reste. Et dans un monde instable, elle devient même un levier de souveraineté.










