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Un gisement sous les déchets

© D.R

Les déchets ont longtemps été perçus comme un angle mort des politiques publiques. Un sujet technique, local, presque invisible. Une fois collectés puis au mieux enfouis, au pire juste entassés dans des décharges pas toujours aux standards, on considérait le problème comme étant réglé. En réalité, c’est précisément là que commencent les vrais problèmes.
Car ce que le Maroc enterre aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des déchets. Ce sont des milliards de dirhams.

Le dernier rapport de la Banque mondiale, What a Waste 3.0, rappelle une évidence que beaucoup continuent d’ignorer : la gestion des déchets n’est plus une question de propreté urbaine. C’est une question éminemment économique. À l’échelle mondiale, le secteur pèse déjà plus de 250 milliards de dollars par an. Et il ne cesse de croître (lire l’article en pages 4 à 6).

Le Maroc, lui, a franchi une première étape importante. Celle de la collecte. Les grandes villes sont aujourd’hui largement couvertes, les services sont structurés, les partenariats avec le privé se sont installés. Mais cette réussite, réelle, ne doit pas masquer l’essentiel.

Le véritable enjeu n’est plus de ramasser les déchets mais de les transformer.
Car aujourd’hui, l’essentiel de ce gisement est enfoui. Recyclage limité, compostage marginal, valorisation quasi inexistante. Autrement dit, une matière première abondante qui échappe encore à l’économie.

Et pourtant, le potentiel est clairement identifié. Des milliards de dirhams de chiffre d’affaires, des dizaines de milliers d’emplois, une nouvelle filière industrielle à structurer. À condition de changer de logique.

Passer d’un modèle linéaire – produire, consommer, jeter- à un modèle circulaire – récupérer, transformer, réinjecter.
Il ne s’agit pas d’un luxe environnemental. C’est une nécessité économique. Dans un monde où les ressources se raréfient, où les chaînes de valeur se recomposent, la capacité à valoriser ce que l’on jette devient un avantage stratégique.

Le Maroc n’est pas en retard. Il est à un moment charnière. Celui où les déchets cessent d’être un coût… pour devenir une ressource et un vrai levier économique.

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