EditorialUne

Vigilance hydrique

© D.R

Les dernières précipitations enregistrées dans la quasi-totalité des régions du Royaume ont indéniablement apporté une bouffée d’oxygène à la situation hydrique nationale.

Les taux de remplissage des barrages en témoignent : ils affichent une nette amélioration par rapport à la même période de l’année dernière. À cela s’ajoute une perspective encourageante avec l’approche de la fonte des neiges, qui viendra alimenter, dans les semaines et les mois à venir, les retenues des grands barrages.

Dans ce contexte, la question de l’eau pourrait, à première vue, sembler momentanément reléguée au second plan. Ce serait pourtant une lecture trompeuse. Car si les pluies soulagent, elles ne guérissent pas. Le Maroc, à l’instar de nombreux pays à travers le monde, est désormais entré de manière structurelle dans la zone rouge du stress hydrique. Une réalité durable, dictée par le changement climatique, la pression démographique et l’évolution des usages.

Il ne faut donc surtout pas baisser la garde, bien au contraire. L’enjeu est de maintenir un niveau de vigilance élevé et d’accélérer, sans relâche, la cadence de réalisation et de lancement des grands projets structurants déjà engagés. Les autoroutes de l’eau et les stations de dessalement ne sont plus des options, mais des piliers incontournables de la sécurité hydrique du pays.

Au-delà de ces chantiers majeurs, une nouvelle étape doit être franchie : celle de l’innovation et de la diversification des solutions. Le Maroc devra mobiliser des gisements de ressources encore largement sous-exploités et renforcer significativement ses capacités de stockage à moyen et long termes. Le recyclage des eaux usées et industrielles, le captage des eaux de ruissellement et de surface qui se perdent chaque année dans le littoral, ou encore la valorisation des eaux pluviales urbaines constituent autant de pistes crédibles, capables d’apporter des volumes non négligeables.
Car l’eau n’est plus une question conjoncturelle que l’on règle à coups de saisons pluvieuses. Elle est devenue un enjeu stratégique permanent, qui exige anticipation, continuité et audace. Les pluies passent, la responsabilité demeure.

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