Editorial

Vrais combats

© D.R

Les besoins du Maroc en compétences et en profils qualifiés pour les cinq prochaines années sont très importants dans tous les secteurs et domaines d’activité. Dans l’industrie et à horizon 2025, les besoins en ingénieurs, cadres moyens et techniciens spécialisés sont estimés à 100.000 personnes. Dans le domaine de la santé, les chiffres sont publics et connus depuis longtemps : le Maroc manque de 32.000 médecins et près de 65.000 infirmiers et techniciens de santé. La situation est similaire dans l’enseignement, le tourisme, le BTP, les nouvelles technologies. Dans les métiers et filières du numérique, aujourd’hui très recherchés et qui le seront davantage, l’université marocaine forme aujourd’hui 8.000 lauréats à peine par an. A horizon 2027, ils devront être plus de 22.000 en vertu d’un programme dévoilé mercredi. Toute cette armée de jeunes compétences qui devront dans les années à venir porter les ambitions économiques du Maroc sont aujourd’hui, pour une partie d’entre eux, encore dans les niveaux de formation inférieurs soit à l’université ou dans les instituts, écoles ou les centres de l’OFPPT, soit surtout dans les lycées, voire les collèges. Et pendant ce temps, ceux censés leur transmettre la connaissance pour leur donner les armes et outils dont ils auront besoin dans quelques années, ceux-là, ou du moins une partie d’entre eux, sont dans la rue. Pour eux, visiblement, les défis qui attendent la Nation tout entière sont, en ce moment, beaucoup moins prioritaires que le combat qu’ils ont choisi de mener…