EditorialUne

Zone de confort

© D.R

La politique moderne n’est plus seulement une bataille d’idées. Elle devient aussi une bataille de formats, de rythmes et de présence. Et c’est probablement ce qu’a voulu montrer Aziz Akhannouch à travers cette capsule diffusée sur les réseaux sociaux pour présenter le bilan de l’action gouvernementale (lire l’article en page 3).
Car choisir un format inédit, plus direct, plus exposé et surtout moins classique, c’est accepter de sortir de sa zone de confort. Monter seul sur scène, face caméra, pendant près de vingt-cinq minutes, sans la protection habituelle des grands dispositifs institutionnels, ce n’est pas neutre pour un Chef du gouvernement en exercice. Il faut l’assumer. Et surtout accepter le risque qui va avec.

Mais lorsqu’il existe du contenu, des réalisations et une matière concrète à défendre, l’exercice peut devenir utile. Très utile même.
Les spécialistes de la communication le répètent souvent: communiquer. Toujours communiquer. Parce que lorsqu’on ne parle pas suffisamment de ce qu’on fait et de ce qu’on est réellement, d’autres finissent par raconter à votre place ce que vous n’êtes pas.
Et de ce point de vue, le gouvernement n’a évidemment pas attendu aujourd’hui pour communiquer. Depuis 2021, les prises de parole se sont multipliées : séances parlementaires, débats publics, points de presse hebdomadaires du porte-parole, interventions ministérielles, communication institutionnelle autour des grands chantiers et des réformes.

La parole gouvernementale existe déjà. Intensément même.
La différence, cette fois-ci, est ailleurs. Le canal change. Le ton aussi. Et surtout le public visé. Cette capsule semble pensée plus pour des générations qui ne suivent plus nécessairement les longs débats politiques classiques, les journaux télévisés ou les formats institutionnels traditionnels.

Les jeunes consomment aujourd’hui l’information sur leurs téléphones, sur YouTube, Facebook, Instagram ou TikTok, avec des codes beaucoup plus rapides, plus visuels et plus incarnés. Ils faut les suivre là où ils sont, dans leurs univers, et leur parler le langage qu’ils comprennent. Mais combien de nos politiciens sont réellement prêts à sortir de leur zone de confort ?