Julie Souchard, coach professionnelle, montre comment l’hypersensibilité peut devenir un véritable atout.
Coaching : La master class de Julie Souchard, coach professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des personnes hypersensibles au travail, animée le 16 mars dernier, apporte un éclairage sur ce trait de caractère souvent pris pour un défaut.
D’entrée, Julie Souchard revient sur les fausses croyances autour de l’hypersensibilité. L’objectif étant de proposer une lecture juste et concrète de ce trait de personnalité pour mieux comprendre son fonctionnement.
Pour elle, «l’hypersensibilité n’est ni un trouble, ni une fragilité, ni un frein à la carrière». L’enjeu est de comprendre le fonctionnement particulier chez les personnes hypersensibles. Ces dernières sont dotées d’une très forte capacité d’écoute et une grande empathie. La coach spécialisée en la matière l’atteste. Et justement, c’est cette forte capacité à capter des informations, à percevoir les signaux faibles et à les traiter en profondeur qui font la force de ces personnes. «Là où beaucoup réduisent l’hypersensibilité à trop d’émotions», Julie Souchard explique qu’«il s’agit d’abord d’un mental très puissant, qui analyse énormément, anticipe beaucoup, imagine de multiples scénarios… et peut finir par s’emballer». Cela dit, cette surcharge de traitement d’informations crée comme un enchaînement très fréquent chez les profils hypersensibles, à savoir charge sensorielle, puis charge mentale, puis charge émotionnelle. On l’aura compris en suivant la master class que ce n’est pas l’émotion en elle-même qui pose problème, mais c’est plutôt le flot de pensées qui l’alimente.
«Ce fonctionnement peut entraîner du doute, de la procrastination, une difficulté à prendre des décisions, un besoin excessif de bien faire, un surinvestissement professionnel, voire un épuisement profond», poursuit la coach. Elle pousse l’analyse au-delà en insistant sur le fait que «si l’hypersensibilité est mal vécue, ce n’est pas à cause de l’hypersensibilité elle-même, mais parce qu’elle se combine souvent à un manque d’estime de soi. Ce cocktail peut renforcer le besoin d’approbation, la peur du jugement, la suradaptation, le perfectionnisme, la difficulté à poser des limites et à oser être soi-même au travail».
Cette présentation permet de mettre en exergue le potentiel des personnes hypersensibles dans le monde professionnel. Selon Julie Souchard, «leur capacité d’écoute, leur empathie, leur finesse d’analyse, leur intuition, leur créativité, leur sens de la cohérence et leur attention aux détails sont de véritables atouts, y compris dans des fonctions à responsabilité ou de management». Elle défend l’idée que les profils hypersensibles sont souvent très bien équipés pour accompagner, anticiper, créer du lien et piloter avec justesse à condition d’apprendre à mieux comprendre et piloter leur fonctionnement.
«Les bons managers sont des personnes qui ont une forte empathie. Au niveau relationnel, elles sont vraiment câblées pour accompagner les autres», atteste, en effet, Julie Souchard. Et sur la base de cette présentation enrichie d’exemples et une interaction avec les internautes, l’ancienne DRH propose une approche globale et concrète, qui ne se limite pas à «comprendre» ou à gérer les symptômes. Selon elle, «lire, analyser, faire une thérapie ou pratiquer la méditation peut aider, mais ne suffit pas toujours. Pour sortir durablement du brouillard mental, il faut travailler à la fois sur le mental, les émotions, le corps, l’estime de soi, et surtout passer à l’action dans le quotidien, avec des outils simples, des rituels réalistes et un cadre de soutien».
En définitive, les personnes hypersensibles n’ont pas besoin de se corriger ni de se durcir. Pour l’intervenante, elles ont besoin de mieux se connaître, de cesser de lutter contre elles-mêmes, d’apprendre à se respecter, à s’aimer, à s’appuyer sur leur corps et à créer de nouvelles habitudes pour faire de leur hypersensibilité une force dans leur vie professionnelle.
Les idées fortes à retenir selon l’experte
• L’hypersensibilité n’est pas un défaut à corriger, mais un fonctionnement à comprendre.
• Être hypersensible, ce n’est pas être fragile : c’est souvent avoir un mental puissant et une grande finesse de perception.
• Le problème principal n’est pas l’émotion, mais le flot de pensées qui génère surcharge mentale et émotionnelle.
• Le doute, la procrastination, la suradaptation et l’épuisement sont souvent des conséquences de ce mental en surchauffe.
• L’hypersensibilité peut devenir un vrai atout professionnel, notamment dans les fonctions relationnelles, managériales et d’accompagnement.
• Comprendre ne suffit pas : il faut une approche globale, concrète, ancrée dans l’action et dans le corps.










