Entrepreneuriat : Small Business Act for Africa, un levier pour le développement continental de la TPE

Entrepreneuriat  : Small Business Act for Africa, un levier pour le développement continental de la TPE

Mentoring, crowdfunding, private equity, fonds continental, réduction de l’informel. les maîtres mots sont sortis de la bouche des différents intervenants lors de la conférence Small Business Act supportée par Hub Africa au service du développement de la TPE/PME en Afrique. Dans un contexte de Covid-19, la relance économique dépendra, en effet, de la stratégie mise en place en faveur du développement de l’entrepreneuriat. Les détails d’une conférence qui a su recruter des personnalités de marque représentant une Afrique en mouvement.

«Cette conférence est un moment important dans le sens de la dimension continentale puisque depuis deux ans nous parlons de la ZLECA. On ne peut faire grandir l’Afrique si on ne peut pas accompagner ses jeunes». Zakaria Fahim, président de Hub Africa, plante le décor d’un rendez-vous dédié à favoriser le développement durable de la TPE/PME. Une telle initiative porte un nom : Small Business Act (SBA). Porté par l’événement Hub Africa, le Small Business Act for Africa est une proposition pour permettre aux PME africaines de surmonter l’impact de la crise de Covid-19 et de se projeter dans l’après-pandémie. «Le SBA donne un cadre pour sortir de l’informel. Au Maroc, nous sommes contents qu’il y ait un début de couverture sociale. Une synergie est attendue pour donner de la puissance et l’Union africaine représente le véritable levier», poursuit celui qui porte le projet depuis le départ…

Si un tel concept a été adopté par un certain nombre de pays européens et africains, dont la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Maroc (en cours), il est utile de rappeler que dans le Small Business Act du 30 juillet 1953 (loi), le Congrès américain créa la Small Business Administration, dont la fonction est «d’aider, de conseiller, d’assister et de protéger, dans la mesure du possible, les intérêts des petites entreprises». La mise en place d’un système de financement pour les TPE/PME est une question clé, précisera à l’occasion Hugues Mbadinga Madiya, ministre du commerce, des PME et de l’industrie du Gabon. Le modèle classique bancaire ne favorisant pas le financement de ce type de structure.
Le pays est en train de mettre en place des fonds de garantie et des fonds d’investissement justement pour pallier cela.

Leila Farah Mokaddem, DG à la BAD pour l’Afrique Australe, fera remarquer de son côté qu’il est extrêmement important pour les porteurs de projets d’apprendre, de désapprendre et de réapprendre. L’agilité étant la clé du succès. Et les bons mécanismes de financement s’imposent. L’experte citera les fonds publics/ privés, l’Equity, le capital-risque… Pour l’instant, il s’agit plus de prêt de garantie. L’introduction en Bourse serait l’étape ultime !
Pour le ministre de la promotion de la PME de la Côte d’Ivoire, Felix Anoble, aucune initiative n’est de trop pour que l’Afrique prenne sa place. «Le continent se développera grâce à la TPE et la PME et, ce à travers les nombreuses réformes enclenchées dans le sens du financement notamment. Nous nous engageons pleinement dans la logique du SBA et je souhaite être un pion en République démocratique de Côte d’Ivoire». Le discours est on ne peut plus clair.

Bref les objectifs à l’horizon 2030 sont de créer 750.000 entreprises par an sur le continent africain. Pour y arriver, il s’agira de tirer le maximum d’entreprises informelles vers le formel à travers le statut d’auto-entrepreneur. Un tel programme repose essentiellement sur 4 leviers, à savoir un accompagnement pour agrandir et faire agrandir. La couverture sociale et un accès au marché facilité par le digital représente le second levier. Le financement alternatif comme le crowdfunding et/ou Business Angel est essentiel pour la réussite d’un tel chantier. Le Maroc vient de voter la loi sur le crowdfunding et sa mise en oeuvre est fortement attendue. Créer un Fonds continental des Business Angels soutenu par l’Union Africaine, à travers la ZLECA, conditionnerait également cette initiative entrepreneuriale responsable. Car il s’agit de renverser les taux de sinistralité…

Les objectifs à l’horizon 2030 ont été établis. «Arriver à un taux de 70% de microentreprises avec un CA inférieur de 20 k €, doubler le taux de PME avec un CA de + de 5 M €, accroître la part aux exportations, accentuer le présence locale et internationale des TPE-PME et augmenter la part de ces entreprises dans les CA à l’export pour la porter à 40% d’ici 2030», c’est ce à quoi s’engagent, en effet, les porteurs du programme.
Les enjeux sont réels. Le dernier rapport Doing Business 2020 montre la volonté d’un grand nombre de pays africains d’améliorer les procédures administratives. Elle se traduit par un taux élevé de réformes encourageant la création de petites et moyennes entreprises. Et c’est l’Afrique subsaharienne qui bat le record pour la troisième année consécutive avec 107 réformes législatives, soit plus du tiers des réformes enregistrées au niveau mondial ! L’introduction du Guichet Unique est aussi un paramètre d’avancée. Le potentiel du continent demeure énorme. D’ici 2050, la population, essentiellement jeune, va doubler. Globalement, la présence des ressources minières, agricoles et halieutiques, 60% des terres arables non exploitées, un déficit criant en infrastructures de base représentent des opportunités pour la création de TPE/PME.
A suivre…

Mission de BSA

Assurer la transition vers le formel de 80% des activités qui restent informelles dans nombre d’économies africaines, via le véhicule de l’auto-entrepreneur ;
Rendre la TPE-PME performante et compétitive dans le moyen terme ;
Réserver une part et simplifier l’accès à la commande publique en dématérialisant et généralisant une démarche «Marché public simplifié» ;
Mieux informer la TPE-PME et la microentreprise ;
Réduire les problèmes de trésorerie par des avances pouvant aller de 30% à 50% du montant total de la commande ;
Grâce au déploiement de la facturation électronique, améliorer les délais de paiement aux fournisseurs ;
Lutter contre le travail illégal et les fraudes au détachement de travailleurs, afin que les entreprises maintiennent leur compétitivité ;
Encourager l’alphabétisation et l’écriture des langues locales et internationales dans les entreprises ;
nSoutenir le développement des startups et de l’innovation en s’engageant à consacrer un minimum de 2% de la commande publique régionale à l’achat innovant.

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