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Equité genre : We4She, un nouveau réseau au service de l’entrepreneuriat au féminin

Equité genre : We4She, un nouveau réseau au service de l’entrepreneuriat au féminin

«Le Maroc ne déroge pas à la règle. Pire, il fait presque figure de dernier de la classe en matière d’intégration égalitaire des femmes au travail».

Le réseau We4She a fait officiellement son entrée à travers la conférence placée sous la thématique «L’autonomisation des femmes au coeur du développement économique et social : quel rôle pour les dirigeant(e)s ?» Depuis trois ans déjà, l’association milite pour l’amélioration de la représentativité des femmes dans le milieu de l’entreprise et des affaires.

Initiée par 9 dirigeantes marocaines, We4She prend son essence dans le réseau panafricain de femmes dirigeantes Women Working for Change (WFC). Ce dernier est adossé à l’Africa CEO Forum, réseau inclusif composé de femmes et d’hommes partageant une expertise du leadership. Concrètement, We4She entend contribuer à l’instauration d’une égalité des genres au sein des entreprises et institutions marocaines, en milieu urbain ou rural. Améliorer la représentativité des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises, dans les conseils d’administration, les comités exécutifs et l’ensemble de l’encadrement représente également un leitmotiv de l’ONG. We4She se veut un espace de rencontre et d’influence. Elle a un double objectif : améliorer la représentativité des femmes dans les instances dirigeantes à travers le parrainage, et oeuvrer pour l’autonomisation économique des femmes dans un esprit de «give back» à travers le partage d’expériences. Pour y parvenir, son action s’articule autour de 4 piliers.

Le premier renvoie à l’accompagnement des femmes pour leur permettre d’accéder à des postes de direction en actionnant les leviers du sponsorship. Le second pilier retient le lobbying sur les plans business et réglementaire pour conduire les entreprises à améliorer la représentation des femmes au sein des instances dirigeantes. We4She compte utiliser la Charte de la diversité des genres pour se faire entendre. Élaboré dans le cadre de l’Africa CEO Forum, ce texte sensibilise les managers africains aux principes fondamentaux de l’égalité de genre qui passe par la mixité dans le recrutement, l’équité de rémunération, la mixité du management et du comité exécutif et celle du conseil d’administration. Et We4She s’est fixé pour objectif, chaque année, d’assurer un suivi de l’application de cette charte au sein des entreprises signataires par le biais de KPI («Key Performance Indicators» ou ICP, indicateurs-clés de performance). Le 3e pilier consiste à accompagner le développement personnel des femmes et à consolider les liens entre les femmes au sein du réseau. Le réseau We4She met en relation des femmes leaders et de futures dirigeantes désireuses de changement et de réussite, pour elles-mêmes comme pour leurs «soeurs».

Enfin, le 4e pilier de la mission de We4She est l’empowerment des femmes dans le monde de l’entreprise. Les enjeux sont réels. Les chiffres de l’Observatoire de Nations Unies publiés en septembre dernier à l’occasion de la Journée internationale de l’égalité de rémunération parlent d’euxmêmes. «À travail équivalent, les femmes continuent d’être moins bien rémunérées. Elles gagnent en moyenne 33% de moins que les hommes et l’on estime qu’au rythme où évolue leur situation, il faudra environ 257 ans pour combler l’écart salarial mondial entre les deux sexes. Le Maroc ne déroge pas à la règle. Pire, il fait presque figure de dernier de la classe en matière d’intégration égalitaire des femmes au travail». Les chiffres sont têtus. La publication du HCP «La femme marocaine en chiffres : 20 ans de progrès, 2021» avance, en 2021, un taux de 21,5%. Selon le Global Gender Gap Report du World Economic Forum), actuellement le pays occupe la 148e place sur un échantillon de 156 pays… Les différentes enquêtes menées par le Haut-commissariat au Plan ont révélé la sousreprésentation des femmes dans le tissu économique avec un taux qui ne dépasse pas les 8% dans les grandes entreprises et 13% dans les TPME. Le manque à gagner est réel. Selon d’ailleurs le McKinsey Global Institute, «le PIB mondial bondirait de 26% en 2025 si l’on parvenait à une égalité parfaite des deux sexes face à l’emploi».

Parmi les objectifs cités dans le nouveau modèle de développement, ramener le taux d’activité féminine à 45% d’ici 2035… Utopie ? Le réseau We4She retient cette vision pour faire son lobbying et faire avancer les choses dans ce sens. Il est essentiel pour y parvenir de mettre en place des mesures claires au sein des entreprises, à l’instar de ce qui a été décidé en Europe où des quotas dans les recrutements ont été déjà mis en place. A défaut de respect de cette norme, l’entreprise paie des amendes et perd au niveau de sa stratégie RSE… Le Maroc devrait penser à amender des mesures similaires s’il veut atteindre les objectifs assignés dans le nouveau plan de développement. Il y va de l’équilibre de tout un écosystème puisque la moitié de la population est composée de femmes. A bon entendeur…

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