Counseling : L’Université Mohammed VI des sciences de la santé innove, à travers la formation «Patient-partenaire en cancérologie»

Counseling : L’Université Mohammed VI des sciences de la santé innove, à travers la formation «Patient-partenaire en cancérologie»

«Le statut du patient partenaire en cancérologie consiste à faire du patient ayant expérimenté le cancer un acteur au centre du parcours du patient».

C’est une première en Afrique. En partenariat avec les laboratoires Roche et le soutien pédagogique de l’Université des patients relevant de la Sorbonne Université, l’Université Mohammed VI des sciences de la santé célèbre sa première promotion «Patients-partenaires en cancérologie». Une formation complétement en phase avec la réforme du secteur de la santé au Maroc.

Les détails.

C’était samedi 25 septembre dernier. La première promotion du DU (diplôme universitaire) «Patient-partenaire en cancérologie» a présenté ses projets professionnels pour accompagner les patients atteints de cancer. Chacun des lauréats a eu pour mission de développer un projet pour sa mise en oeuvre au profit des malades. Une première en Afrique…
Il faut dire que cette formation innovante s’inscrit dans la réforme de la santé au Maroc. Le counseling étant la clé de voûte pour faciliter le traitement thérapeutique et augmenter les chances de guérison. C’est dans cet esprit et conformément à la volonté royale que l’Université Mohammed VI des sciences de la santé, en partenariat avec les laboratoires Roche et le soutien de l’Université des patients (UDP) relevant de Sorbonne University a organisé la cérémonie de soutenance des mémoires de fin d’études pour les lauréats du diplôme universitaire «Patient-partenaire en cancérologie».

Concrètement, cet enseignement qui a duré une année vise à transformer l’expérience des patients en expertise. Puisant dans le savoir-faire de l’Université des patients, les lauréats auront appris, à travers des modules précis, allant de la cancérologie à la déontologie, à accompagner des patients atteints de cancer pour améliorer leur parcours et leur donner de l’espoir à travers leur propre vécu…
Lors de l’ouverture de la cérémonie, Pr Chakib Nejjari, président de l’UM6SS, a mis l’accent sur la particularité et le caractère humain de la formation. «C’est quelque chose de différent, de très profond et auquel nous ne sommes pas vraiment habitués. Malheureusement, dans nos universités de médecine, nous nous focalisons plus sur l’aspect technique et nous oublions souvent que nous nous adressons à des humains qui ont leur vécu et leurs expériences, et c’est justement le rôle de la médecine de demain, c’est de faire en sorte que le patient soit satisfait des soins qui lui sont prodigués». Le ton est dit. Le bal ouvert.

De leur côté, les lauréats, tous emportés par leur verve d’apporter une valeur ajoutée à des patients, ont traité de thématiques diverses. De «la reconnaissance du métier du patient- partenaire en cancérologie, à «la prise en charge du cancer colorectal», en passant par «les bienfaits de l’écriture thérapeutique ou expressive», les sujets ont abondé vers le bien-être souhaité aux bénéficiaires. Ces soutenances ont fait l’objet de discussions avec des expertes venues de l’Université des patients Sorbonne-Université mais aussi avec les membres du comité pédagogique ou des membres du jury, pour ne citer que Pr Wafaa Kaikani, responsable de la formation, Pr Saber Boutayeb, Pr Karima Oualla. Tous sont oncologues et bel et bien engagés pour faire bousculer les cultures et donner la chance aux patients d’être mieux accompagnés psychologiquement lors de leur prise en charge thérapeutique. Pour la marraine de la promotion, Latifa Cherif, présidente de l’Association «Les amis du Ruban Rose» et ayant suivi la formation à l’Université des patients à Paris, «il s’agit d’une expérience très réussie… et le plus grand mérite revient à nos étudiants, aux personnes qui ont expérimenté le cancer et qui se sont inscrites à cette formation». La boucle est bouclée.

En clair, à l’issue de cet enseignement où prime le partage d’expérience, les lauréats seront investis d’une mission et pourront exercer dans d’excellentes conditions en faveur d’un meilleur système de santé. Pr. Nejjari y croit dur comme fer.
En clair, le statut du patient- partenaire en cancérologie consiste à faire du patient ayant expérimenté le cancer un acteur au centre du parcours du patient. «Les débouchés peuvent être dans le cadre du bénévolat mais aussi potentiellement en tant que travail rémunéré, en partiel ou à plein temps auprès des assurances maladie, des hôpitaux ou encore de l’industrie pharmaceutique», argumente Pr. Saber Boutayeb, membre des comités de pilotage et pédagogique du DU.

Le comité pluridisciplinaire, formé de professeurs universitaires, de médecins, experts, acteurs associatifs, et du professeur Catherine Tourette-Turgis, fondatrice de l’Université des patients relevant de l’Université de Sorbonne en sa qualité de membre d’honneur, a soutenu les lauréats jusqu’à leur soutenance. Et il s’agira aujourd’hui de pousser au-delà pour légitimer le rôle du patient-partenaire en oncologie et à terme professionnaliser cette formation.

Tous les maillons de la chaîne de la santé sont concernés. Et le défi sera de les sensibiliser tous pour faciliter la tâche des patients-partenaires en oncologie, qui à leur tour, apporteront leur soutien aux patients dans leur accompagnement thérapeutique.
L’exercice n’est pas simple mais il en vaut la chandelle. Le cancer est un fléau que nul ne peut ignorer.

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