Etudiants marocains à l’étranger : Dans l’attente de l’ouverture des frontières !

Etudiants marocains à l’étranger : Dans l’attente de l’ouverture des frontières !

Salma, Rita, Yasmine, Aida, Amine, Kamil étudient à l’étranger. Le confinement les a surpris, chacun dans une condition singulière, dans un lieu géographique différent, dans un état d’esprit autre. Tous, ensemble, ils ont exprimé leur espoir de voir la fin de cette pandémie et reprendre le cours normal de leur vie.

L’ouverture des frontières de chaque pays leur permettra également de rejoindre leurs parents pour presque tous. Récits de plusieurs voyages tous différents les uns des autres…

 

Salma Ablad, 22 ans, est étudiante en architecture niveau master1. Dans le cadre de l’Erasmus, elle se trouve à Kyoto au Japon ! Il faut dire qu’elle a eu l’opportunité de rentrer à Paris où elle est inscrite depuis le début de ses études universitaires mais elle a préféré rester dans la ville japonaise compte tenu de la maîtrise de la gestion de la pandémie dans le pays du Soleil levant. Cela dit, la barrière de la langue ne lui offre pas vraiment l’accès à toutes les informations locales. Ce qui est sûr c’est qu’à Kyoto le confinement n’est pas obligatoire mais vivement conseillé contrairement à Osaka et Tokyo où il est obligatoire et les mesures de sécurité plus strictes… «Ici, les gens continuent leur vie normale pour le moment.

Le port de masque fait partie de leur culture donc il n’y a pas vraiment de changement, ceci dit plusieurs personnes n’en portent pas. Les cinémas, le karaoké -très populaire ici- ont fermé. La plupart des restaurants sont encore ouverts», témoigne Salma qui se sent en sécurité mais évite les endroits où il y a trop de monde. «Il y a beaucoup d’espaces verts à Kyoto, on a encore la possibilité de s’y promener. Donc quand l’ennui me prend, je sors faire un tour. Dans la résidence pour étudiantes où j’habite toutes les mesures de sécurité sont prises, notamment la fermeture des espaces communs». Salma force la positive attitude et pense très fort à sa patrie de très loin…

 

Pour Rita Amir, son échange universitaire, dans le cadre de l’Erasmus, s’est effectué à Istanbul en Turquie, à l’Université Kadir Has, depuis le mois d’août 2019. A 22 ans, la jeune fille poursuit le master 1 en architecture à l’ENSA de Grenoble. Au début du confinement, Rita vivra assez mal la situation dans le sens où l’objectif d’un échange intra universitaire est de profiter et visiter le pays. «Se retrouver confinée entre quatre murs dans un pays pour lequel je ne connais pas la langue a rendu le suivi de l’actualité par rapport à la pandémie compliqué», affirme, à juste titre, l’étudiante. Le système de cours en ligne établi par son université hôte a permis, toutefois, la continuité de l’enseignement, facilitée par la disponibilité du corps professoral. «La situation à Istanbul reste relativement calme par rapport à la France. Quelques petits commerces variés sont toujours ouverts et il n’y a pas eu de ruée sur les supermarchés, ce qui rassure en pareil temps», témoigne Rita. Finalement, son quotidien en Turquie ressemble à toutes les autres situations dans les autres pays. «On improvise une école, une salle de sport, un cinéma et un restaurant entre nos quatre murs et on essaye de faire en sorte de continuer à avoir un train de vie sain». Si Rita s’est efforcée de réinventer sa vie au quotidien, elle vient de décider, suite au discours du président français, de rentrer en France. Même si son désir le plus cher était de rejoindre sa famille au Maroc, elle ne voulait pas risquer d’être bloquée dans un pays non européen compte tenu de l’annonce de la fermeture des frontières en France. Sa projection d’entamer l’année scolaire prochaine, sereinement, représente une bonne manière de tenir moralement et de dépasser l’adversité du virus… qui circule toujours.

 

Après avoir effectué son premier cursus universitaire au King’College à Londres, en Angleterre, Amine Amor, décroche, en 2019, une place pour suivre le master en informatique de l’université de Cambridge. A 22 ans, le jeune homme garde la tête sur les épaules.

Face au Covid-19 qui impose la fermeture de l’université, il décide naturellement de rentrer au Maroc car son projet de fin d’études peut être réalisé aisément à distance.

Il ne se sent pas du tout éloigné de son univers estudiantin british puisqu’il communique, régulièrement, avec ses professeurs par vidéoconférence. Amine demeure confiant quant à l’approche du Maroc face à cette crise sanitaire. «Notre pays a pris des mesures proactives dès le début de l’épidémie afin de freiner son impact social et économique». Plus, il en est fier !

 

Depuis Madrid, Yasmine Chioukh, 21 ans, originaire de Casablanca, raconte son quotidien. «Je n’ai pas à me plaindre. Maintenant que la panique des premiers jours s’est dissipée, nous nous sommes habitués au rythme exceptionnel. Le plus important est de respecter les mesures de confinement et de rester chez soi pour le bien de tous». Actuellement en dernière année du Bachelor de l’IE (Instituto de Empresa- Ecole de commerce), les cours en ligne et le télétravail rythment ses journées. Yasmine est en pleine période d’examens et les cours prendront fin au début du mois de mai. La cérémonie de remise de diplôme, prévue le 11 juillet, a été annulée et se tiendra en ligne. L’institut a veillé à prendre toutes les mesures pour préserver une continuité des cours et du reste… sa pointe d’angoisse demeure surtout liée à la date d’expiration de son visa la mi-juillet mais elle garde confiance en l’aptitude des autorités pour gérer cette situation exceptionnelle. «L’ambassade et les consulats du Maroc en Espagne ont été mobilisés dès les premières heures, et la ligne WhatsApp instaurée à l’occasion a été d’une grande utilité», déclare la jeune étudiante.
En attendant, elle multipliera les appels vidéo avec le reste des membres de sa famille et amis, restés au Maroc ou à l’étranger, pour maintenir le lien social et préserver son moral. «Je suis constamment en contact avec eux, ils me manquent énormément mais on tient le coup. Je comprends les mesures de fermeture des frontières, il est important de préserver notre pays de cette menace sanitaire et de ne pas amplifier l’épidémie. Cependant, nous sommes toujours dans l’attente, mes compatriotes et moi bloqués à l’étranger, d’une possibilité je l’espère d’être rapatriés chez nous».
Ses espoirs sont nourris pas l’évolution de la situation dans le monde et les prémices d’une décélération de la propagation du virus les prochaines semaines. «Malgré la gravité de la situation et les nombreux cas d’infection et de décès, le peuple espagnol tient toujours le coup en gardant la tête haute tout en respectant à la lettre les mesures sanitaires imposées par les autorités publiques. Tout cela n’aurait pas été possible sans la totale coopération de la population et les efforts du corps médical et des travailleurs essentiels. Effectivement, cela s’est déjà traduit dans les chiffres et la courbe pandémique semble s’aplatir. Aujourd’hui, on parle déjà de déconfinement progressif, c’est rassurant». Yasmine suit les évolutions de près. Elle reste alerte et pense aussi à son avenir proche car elle compte bien poursuivre ses études en décrochant un master de renom l’année prochaine !

 

Passionnée de droit, Aida Filali boucle, cette année, sa 4ème année dans ce domaine, à l’Université Paris-Nanterre. Dès le début du confinement, elle fait le choix de partager l’expérience inédite avec ses meilleures amies. Se confiner, à Paris, ensemble lui paraissait, en effet, plus rassurant… L’appréhension et le stress ont alimenté, toutefois, les premières journées car il s’agissait à la fois de cohabiter à plusieurs dans un espace réduit mais aussi de s’adapter à l’emploi du temps de chacune. C’est ainsi que dans cet univers partagé, Aida a continué à suivre ses cours en vidéoconférence tous les jours. Elle devait, parallèlement, rendre de nombreux travaux.

«Le fait d’avoir mes examens en ligne ne constitue pas une source de stress supplémentaire puisqu’il y a deux ans, ma faculté a connu un mouvement de grève et nous avons dû passer nos examens en ligne». La jeune étudiante a trouvé un dénominateur commun au temps passé de telle sorte à maîtriser le stress et au contraire faire de ce contexte exceptionnel une opportunité distinctive.
L’éloignement familial en temps de pandémie est, déjà, difficile à gérer émotionnellement…
L’absence de visibilité quant à l’ouverture des frontières alimente davantage ce stress. Aida demeure tout de même positive. «Il faudra prendre notre mal en patience pour quelques mois encore afin de préserver la santé de tous», se résigne-t-elle.

 

A 22 ans, Kamil Tahiri a décroché une place de choix dans le programme Grande Ecole à l’EM Lyon. Cette année devait se dérouler bien autrement… Il comptait profiter du switch universitaire réussi pour développer son réseau et affiner ses connaissances. Sur le plan pédagogique, la fin des cours, fort heureusement pour lui, a coïncidé avec l’annonce du confinement, sous peine d’amende ferme en cas d’infraction. Kamil qui avait décroché un stage à Paris dans un cabinet en gestion d’actifs pour valider cette année s’empressa de déménager dans la capitale au risque d’y laisser des plumes ! Il fallait aussi tenir compte de la date d’expiration de la carte de séjour dont le renouvellement dépend du lieu de résidence justifié par le contrat de bail…
Bref, le stress était au summum mais il fallait le gérer coûte que coûte. La chance a souri, fort heureusement. Son réseau d’amis lui permit, en effet, de dénicher un studio rapidement. Il était soulagé mais attendait la suite des événements car le flou est réel… Entre-temps, il devait partager les 40 mètres carrés dans lequel il vivait avec deux autres amis. La cohabitation est l’autre donne à gérer d’un confinement. Le jeune homme a dû la gérer avec tact pendant trois semaines avant que ses amis regagnent leur ville d’origine sous peine d’amende…
Entre-temps, le jeune homme se rendit compte que son stage ne pourra plus s’effectuer, en raison de la situation exceptionnelle. Dans l’attente des prochaines décisions émanant de la direction de l’Ecole de management, il ne sait plus trop à quel saint se vouer. Mais il demeure serein dans l’attente d’un monde meilleur. Il espère que tout ce cauchemar finira pour qu’il puisse réaliser l’échange programmé, en septembre, à Shanghai dans l’un des sites de l’EM Lyon. Pour l’heure rien de clair… Il attend dans l’espoir que les frontières de son pays, sa patrie ouvrent à nouveau pour qu’il puisse revoir ses parents, sa famille, ses amis en bonne santé. Il reste confiant et optimiste.

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