HEM, première école supérieure privée à créer son propre centre de recherche

HEM, première école supérieure privée  à créer son propre centre de recherche

Interview de Yasmine Benamour, docteur en Sciences de Gestion, présidente de LCI Education Afrique, et directrice générale de HEM

Nous avons mis en place en mars 2020, en un temps record et avec l’adhésion de tous, une plateforme d’enseignement à distance. Ce fut, en réalité, en même temps un énorme challenge et une formidable fenêtre d’opportunités.

ALM : L’épisode Covid-19 a accéléré la digitalisation avec le renforcement de l’enseignement hybride. Peut-on dire qu’il y aura un avant et un après pandémie pour l’enseignement supérieur privé ?

Yasmine Benamour : Comme il y a eu un «avant» et un «après» 11 Septembre, il y aura bien un «avant» et un «après» Covid dans beaucoup de domaines, incluant bien sûr celui de l’éducation. Cela pour vous dire que nous devons trouver de nouvelles façons de transmettre les plus efficientes possibles dépendamment de l’apprenant que nous avons en face, et utilisant tous les moyens possibles. Pour la formation initiale en particulier, je pense que la part du présentiel restera essentielle mais c’est le contenu du cours qui va devoir évoluer surtout si celui-ci est couplé à du e-learning (modèle hybride). En matière de formation continue, les choses sont différentes : pour certains programmes, le e-learning peut remplacer le présentiel, en synchrone ou asynchrone. En réalité, la conclusion est qu’il n’y aura pas une seule façon de faire mais plusieurs, selon le type de formation, sa durée, son contenu, l’âge de l’apprenant, son degré d’autonomie, sa disponibilité, etc. Le débat est ouvert et HEM a déjà largement entamé le sien…

L’impact sera perceptible sur la demande du marché de l’emploi avec l’apparition de nouveaux métiers et la disparition de certaines spécialités. Comment les institutions peuvent-elles accompagner ce changement ?

La seule façon d’accompagner un monde qui change, un monde où les métiers de demain ne sont pas encore connus aujourd’hui est de former des têtes bien faites quel que soit leur domaine d’études, des individus capables d’apprendre à apprendre, capables d’être créatifs et de penser «out of the box», capables d’entreprendre, capables de bien communiquer, capables d’être autonomes et, pas de concession sur cela, dotés d’une grande conscience personnelle et professionnelle et du sens de l’éthique pour que notre monde change, certes, mais dans le bon sens…

La recherche scientifique est un talon d’Achille dans notre pays. L’enseignement privé peut-il jouer un rôle ?

L’enseignement privé peut très certainement jouer un rôle mais plutôt dans la recherche appliquée et ce, en étroite collaboration avec le monde de l’entreprise. HEM a d’ailleurs été la 1ère école supérieure privée à créer son propre centre de recherche «Economia» il y a plus de 12 ans. Celui-ci vise à produire des contenus de recherche crédibles et innovants, améliorer la connaissance du tissu économique marocain dans un contexte mondialisé et contribuer au débat public par une politique de publications ouvertes. Toutes les activités d’«Economia», centre de recherche de HEM, sont ainsi accessibles sur une plateforme de recherche extrêmement riche et ouverte à tous : www.economia.ma.

Chez vous à HEM, quel a été votre principal «leitmotiv» durant cette période de Covid-19? Comment vous êtes-vous organisés durant cette période ?

Nos deux principaux leitmotivs étaient la sécurité de nos étudiants et de nos collègues et la continuité pédagogique avec maintien total du volume horaire de nos programmes. Ce n’était pas chose facile mais tout s’est globalement bien passé. Nous avons mis en place en mars 2020, en un temps record et avec l’adhésion de tous, une plateforme d’enseignement à distance. Ce fut, en réalité, en même temps un énorme challenge et une formidable fenêtre d’opportunités. Tout a été mis en place pour que HEM soit toujours prête à toutes les éventualités : enseignement 100% présentiel ou hybride ou 100% en ligne. Dans notre mode d’enseignement hybride, je précise que les classes sont divisées en deux groupes : l’un suit le cours en présentiel et l’autre à distance, avec un système de rotation entre les deux groupes. Ainsi, tous les cours sont dispensés en présentiel et retransmis en direct sur Internet via la plateforme «Teams – Class». Ce mode d’enseignement hybride donne la possibilité aux étudiants de suivre les cours de chez eux en temps réel, de réduire les effectifs par classe de manière à respecter la distanciation physique, de garder le volume horaire des cours intact et de permettre aux étudiants de sociabiliser entre eux et avec les professeurs, dans le respect des gestes barrières, grâce au système rotatif. Ce système a été testé au sein du réseau international canadien «LCI Education» auquel appartient désormais HEM et s’est révélé fructueux. Ainsi, HEM a consenti d’importants investissements en matériel informatique et a équipé ses salles dans tous ses campus à travers le Maroc.

Alors que le pays est en plein débat sur son nouveau modèle de développement, les attentes vis-à-vis du secteur de l’enseignement sont importantes. L’enseignement, notamment supérieur, est-il déterminant dans la réussite d’un modèle de développement ?

La réponse est assez évidente : l’enseignement, et je dirais plutôt l’éducation en général, constitue l’un des piliers, si ce n’est LE pilier, du développement d’un pays… La proposition du nouveau modèle de développement comprend 4 grands axes dont l’un d’ailleurs sur le renforcement du capital humain. Il s’agirait ainsi d’assurer «une éducation de qualité pour tous, un système d’enseignement universitaire, de formation professionnelle et de recherche axé sur la performance et porté par une gouvernance autonome et responsabilisante».

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