L’enseignement national emprunte le virage numérique

L’enseignement national emprunte  le virage numérique

Une panoplie de moyens a été déployée pour maintenir le programme pédagogique

L’école à distance, une réalité nouvelle pour la sphère pédagogique marocaine, notamment pour l’enseignement primaire, a permis de lever le voile sur la nécessité d’axer l’apprentissage autour de la donne digitale.

S’il y a un enseignement à tirer de cette crise sanitaire, c’est qu’elle a permis à certains secteurs de rattraper le retard accusé en termes de digitalisation. Tel est le cas pour l’enseignement qui en un temps record a emprunté le virage numérique et semble réussir sa transition. Depuis quelques semaines, le corps enseignant expérimente un nouveau mode de travail qui dépend essentiellement de l’outil numérique. L’école à distance, une réalité nouvelle pour la sphère pédagogique marocaine, notamment pour l’enseignement primaire, a permis de lever le voile sur la nécessité d’axer l’apprentissage autour de la donne digitale. Face à cette situation inédite, le département de l’éducation nationale a fait preuve de perspicacité.

Depuis le début de la crise et dès le premier jour du confinement, l’enseignement, tous niveaux confondus, n’a à aucun moment été interrompu à l’exception d’une petite semaine de trêve bien méritée accordée aussi bien aux élèves qu’aux enseignants après plus d’un mois de labeur en mode confinement. La tutelle a déployé tous les moyens possibles pour assurer la continuité des cours en cette période, allant de la transmission via les chaînes télévisées jusqu’à la mise en ligne de plateformes éducatives virtuelles. Le bilan dressé récemment par le ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ressort satisfaisant. Les ressources numériques gérées depuis le début du confinement dépassent de loin celles enregistrées durant les dix dernières années. D’ailleurs c’est ce qu’a confirmé Saaid Amzazi, ministre de l’éducation nationale, lors de sa dernière sortie médiatique. Le bilan.

TelmidTice bat des records

Au niveau de l’éducation nationale, le mécanisme d’apprentissage à distance a été basé dans un premier temps sur la plateforme «TelmidTice». Le démarrage s’est fait avec 600 contenus numériques disponibles pour atteindre actuellement les 6.000 ressources et un taux d’accès de 600.000 étudiants au quotidien. Le ministère a, par ailleurs, renforcé l’expérience de l’enseignement à distance, en déployant également la plateforme «Massar», renforçant ainsi le contact entre enseignants et apprenants. A cet effet, plus de 725.000 classes virtuelles ont été ouvertes depuis le début de la crise sanitaire, soit un taux de couverture de 96%. Le nombre de classes mis à jour au niveau de l’enseignement privé avoisine pour sa part les 108.000 représentant un taux de 70%. Il est également à noter que 23.000 cadres académiques régionaux et cadres de gestion de l’éducation à distance ont suivi sur ladite période des formations via le portail «e-Takwine».

40.000 références numériques à la disposition des stagiaires de l’OFPPT

La formation professionnelle n’est pas en reste. L’Office de la formation professionnelle et de la promotion de l’emploi (OFPPT) a suivi le trend en déployant depuis le 19 mars une plateforme numérique de classes virtuelles, parallèlement aux moyens d’ores et déjà disponibles tels que les réseaux sociaux et courriers électroniques. Il a également été procédé à la préparation de cours polycopiés garantissant ainsi une égalité des chances entre stagiaires, notamment pour ceux n’ayant pas accès à Internet. En parallèle, 40.000 références numériques couvrant divers domaines ont été mises à la disposition des stagiaires de l’OFPPT.
De cet effectif, 280.000 stagiaires ont pu apprendre des langues étrangères à distance. Parmi les indicateurs annoncés concernant le déroulement de la formation professionnelle à distance, on note l’achèvement de 665.891 heures de formation pour tous les niveaux, notons que 85.000 stagiaires ont pu bénéficier durant cette période d’une formation à travers la plateforme collaborative «Teams».

Des bibliothèques internationales ouvertes aux étudiants marocains

Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, les universités marocaines ont pu produire depuis le début du confinement à ce jour plus de 100.000 ressources numériques variées conformément au contenu pédagogique programmé. Les différents établissements universitaires ont également eu recours à plusieurs plateformes numériques, sites internet et systèmes d’information pour interagir avec leurs étudiants. En ce qui concerne la recherche scientifique, il a été procédé à l’ouverture gratuite des ressources de la Bibliothèque numérique internationale «EBSCO» aux étudiants, professeurs et chercheurs, en plus d’un ensemble de plateformes internationales et de bibliothèques internationales, en l’occurrence «Al-Manahil», «Cairn» ou encore «Dalloz».

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