L’OFPPT s’ouvre en 2015-2016 sur de nouveaux secteurs

L’OFPPT s’ouvre en 2015-2016 sur de nouveaux secteurs

ALM : Que prévoit l’OFPPT pour la rentrée 2015-2016 ?
 

Larbi Bencheikh : L’OFPPT prévoit, pour cette rentrée, de franchir un cap supplémentaire dans le renforcement de l’offre de formation professionnelle mise au service des jeunes et des opérateurs économiques et ce, en portant la capacité d’accueil à 405.000 places pédagogiques contre 370.000 places en 2014-2015. Le nombre d’établissements connaîtra, de son côté, une croissance importante et passera de 337 à 345 établissements répartis sur l’ensemble du territoire avec une couverture quasi globale des secteurs économiques. Concrètement, l’année 2015-2016 sera marquée par le démarrage de 16 établissements dont 12 sectoriels, créés pour accompagner les grands programmes économiques et les projets structurants, notamment 3 établissements dédiés à l’industrie agroalimentaire à Meknès, Béni Mellal et Berkane, 2 instituts pour les énergies renouvelables à Casablanca et Tarfaya, 2 nouveaux établissements pour hôtellerie-tourisme à Oujda et Dakhla, 3 établissements pour le transport et la logistique à Fès, Mohammédia/Zenata et Benguérir, 1 institut pour les métiers du paramédical à Casablanca et un nouvel institut dédié à l’audiovisuel, toujours à Casablanca.

L’OFPPT y poursuit également son action pour une formation professionnelle de «proximité» avec la création de 3 établissements multiservices à Ouled Taima, Inezgane et Temara et un Centre de formation en milieu pénitentiaire à Meknès (Toulal III), en partenariat avec la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus. L’OFPPT s’ouvre en 2015-2016 sur de nouveaux secteurs : les métiers de l’environnement, le golf pour lequel nous avons réalisé une étude avec l’Association du Trophée Hassan II, la FRMG, la CNT et l’ONMT pour examiner l’opportunité de créer un établissement dédié. L’OFPPT offre désormais une nouvelle formation qualifiante très attractive pour les jeunes, celle du Personnel navigant commercial (PNC), en partenariat avec la RAM.

Actuellement, quels sont les métiers qui attirent le plus les jeunes marocains ?

Les jeunes candidats à la formation sont bien sûr attirés par les filières liées aux secteurs porteurs ou concernés par les grands programmes nationaux, en raison des perspectives d’emploi et d’insertion qu’ils offrent et de leur caractère novateur attractif.
Il s’agit particulièrement des secteurs liés au Plan national d’accélération industrielle (aéronautique, automobile, …), les filières du transport et de la logistique, le tourisme, le BTP, les TIC…

Que faites-vous pour adopter vos offres en formation avec le marché du travail ?

C’est un aspect fondamental dans l’action de l’OFPPT qui met en adéquation son plan d’action avec les impératifs du marché du travail et les exigences de l’accompagnement des différentes stratégies sectorielles. Cette démarche proactive répond à un double objectif : répondre aux besoins en ressources humaines compétentes, programmer l’offre de formation en amont, et favoriser l’employabilité et l’insertion des lauréats en aval. Pour renforcer cette démarche et lui assurer l’efficience nécessaire, l’OFPPT travaille en relation étroite avec les partenaires institutionnels, les opérateurs économiques, les fédérations et les associations professionnelles,… pour être partie prenante et agissante dans la détermination des besoins en ressources et procéder conjointement au dimensionnement de l’offre de formation de manière concertée. J’aimerais également revenir sur un autre levier de renforcement de l’adéquation formation-emploi : ce sont les enquêtes d’insertion que nous menons auprès des jeunes et les enquêtes de satisfaction réalisées auprès des entreprises. Ces deux outils nous permettent de connaître l’évolution de l’insertion des lauréats et procéder ainsi aux ajustements nécessaires pour adhérer aux besoins du marché du travail. En termes de taux, la dernière enquête menée par un cabinet externe a abouti à des résultats satisfaisants en termes d’insertion, variant de 75 à 100% selon les filières. Les secteurs qui affichent les taux les plus élevés sont l’agroalimentaire (95%), le transport-logistique (88%), l’industriel (80%), le cuir (79%), le froid & génie thermique (77%), le BTP (77%), et la construction métallique (76%). Il y a également des filières qui affichent des taux d’insertion de 100%, dans le secteur du BTP, le textile, la plasturgie, l’agroalimentaire, génie climatique…

Le plan de développement de l’OFPPT à l’horizon 2017 vise la formation d’un million de jeunes. Où en êtes-vous ?

Vous n’êtes pas sans savoir que le Plan de développement à l’horizon 2017, lancé en 2011, s’est fixé comme objectif la formation d’un million de jeunes afin d’accompagner les différents projets socio-économiques : le Plan national d’accélération industrielle, la Vision 2020 pour le tourisme, le Plan Maroc Vert, la Stratégie intégrée pour la logistique, le contrat programme du secteur du transport, le BTP…

Pour concrétiser ces objectifs, l’OFPPT s’est appuyé sur plusieurs leviers, notamment l’élargissement de l’offre de formation à tous les projets structurants de l’économie, la professionnalisation des formations à travers la mise en place progressive du Bac Pro, l’implication croissante des professionnels dans le développement et la gestion de la formation, via des structures de gouvernance aux niveaux national, régional et local, le partenariat public-privé…. Côté bilan : nous en sommes à la 4ème phase de ce plan et l’état d’avancement est très satisfaisant, avec la formation à fin 2014 de 543.329 jeunes, soit un rythme moyen de croissance de l’ordre de 13% annuellement. Les résultats escomptés seront même dépassés avec un effectif global de plus de 1.130.000 jeunes formés à l’horizon 2017.
    
Le Bac Pro est une nouveauté qui offre plus de choix aux étudiants marocains. Quel est le bilan d’étape de la mise en place de ce Bac ?

C’est une des nouveautés majeures de la rentrée 2015-2016. 3.000 jeunes sont prévus cette rentrée pour atteindre 145.000 en 2020, selon la planification suivante: En 2016-2017 : 21.400 stagiaires ; en 2017-2018 : 46.000 stagiaires ; en 2018-2019 : 73.500 stagiaires ; en 2019-2020 : 105.000 stagiaires. Et 145.000 stagiaires en 2020. Sur le plan synergie entre les intervenants du système éducatif, il s’agit effectivement d’une avancée majeure.

En instaurant un système de passerelles entre le système de l’éducation nationale et celui de la formation professionnelle, la mise en place du Bac Pro à l’OFPPT permettra de diversifier les opportunités de formation pour les jeunes marocains, de manière à renforcer la place de la formation professionnelle en tant que choix d’avenir pour les jeunes. Le Bac Pro donnera également aux bacheliers Pro la possibilité de poursuivre des études supérieures (Licence professionnelle, Ecole d’ingénieurs, Ecole de commerce…) et de renforcer ainsi l’insertion professionnelle.

Pour cette rentrée, 17 filières du Bac Pro ont été identifiées dans 10 secteurs porteurs et des conventions de mise en œuvre ont été signées avec les fédérations et associations professionnelles telles que l’Apebi, la Fenelec, l’Amith, la Fimme, la Fnbtp, la CNT, l’Amica, et l’AMPF, pour institutionnaliser l’implication des professionnels de chaque secteur. Cette implication est d’autant plus importante qu’elle porte sur la définition des besoins en qualification, la validation des programmes, l’accueil des jeunes en stages en entreprise et leur insertion professionnelle après l’obtention du baccalauréat.

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