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On ne dispose pas encore d’assez de données sur l’ampleur de son utilisation: L’effet IA sur l’université ?

© D.R

Dépendance.
Etudiants ou pas, les gens sont de plus en plus nombreux à recourir systématiquement à l’intelligence artificielle (IA). La tendance est générale et elle ne concerne pas uniquement le Maroc. C’est devenu un phénomène universel et c’est tout à fait logique. L’IA est devenu un outil à la disponibilité des utilisateurs quelle que soit leur nature ou leur domaine d’activité.


A l’ère du numérique, l’apparition des technologies innovantes de l’information et de la communication a déstabilisé la façon d’enseigner et faire apprendre. L’intégration de l’IA est sollicitée avec insistance dans l’enseignement supérieur. En toute logique, l’université marocaine ne peut pas rester à la traîne de ce qui se passe dans le monde de la technologie. Les utilisations multiples et croissantes de l’IA dans tous les domaines impactent certainement l’évaluation du niveau des étudiants et même de chercheurs, dont certains systématisent l’usage.

On ne dispose pas encore d’assez de données chiffrées et recoupées sur l’ampleur de l’utilisation de l’IA par les étudiants et l’impact de cette pratique sur leur niveau cognitif, le fonctionnement de leurs capacités intellectuelles et cérébrales, la mémoire, l’attention, le langage, le raisonnement et la résolution de problèmes. Pour autant, leur recours à cet outil n’est pas moins courant au Maroc que dans d’autres pays. Ceci dit, il faut rappeler que l’IA est un domaine prioritaire du Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE Esri 2030).

Parmi les objectifs assignés du pacte Esri avant cette échéance de 2020-2030 il y a le renforcement des compétences numériques des étudiants, l’encouragement de la recherche scientifique autour de l’IA et la création de partenariats entre les institutions actives dans le domaine de l’IA et les universités marocaines. La réalité aujourd’hui c’est que les étudiants, en préparation d’un exposé, d’un travail à rendre, d’un rapport ou même d’un projet de fin d’études, utilisent l’IA.
Certains experts nationaux soulignent l’absence totale de ce qu’on appelle la pédagogie d’utiliser l’IA, devenue générative alors que nos jeunes sont en manque de culture générale et que beaucoup ont du mal à compter sur leurs propres compétences. En effet, l’un des principaux soucis de l’IA dans l’éducation est qu’elle risque de déshumaniser l’expérience d’apprentissage. Lorsque des algorithmes génèrent le contenu et conduisent le rythme des cours, les étudiants pourraient ne pas bénéficier de l’approche nuancée qu’un enseignant humain peut offrir.

De plus, ces algorithmes peuvent renforcer des préjugés, ce qui signifie qu’ils peuvent ne pas garantir un programme d’études inclusif et diversifié, adapté aux besoins des étudiants. Se fier et faire confiance à la machine sans recul ne peut que faire empirer les choses, faute de pédagogie adaptée pour savoir comment se comporter avec l’IA. En fait, les enseignants et les étudiants risquent de devenir trop dépendants de la technologie, à mesure que les universités s’appuient de plus en plus sur des solutions alimentées par l’IA. Sur le long terme, cette dépendance pourrait conduire à négliger d’importantes méthodes d’enseignement traditionnelles et le développement de la pensée critique et des compétences en matière de résolution de problèmes.

La réalité c’est que l’intégration de l’IA dans l’éducation peut métamorphoser la connaissance, sauf qu’elle doit être entreprise avec vigilance. En admettant que l’IA peut réformer les compétences techniques des étudiants, elle peut également avoir un effet désastreux sur le développement de compétences douces, comme la communication et le travail d’équipe. Ce qui signifie qu’il serait nécessaire de trouver un équilibre entre l’utilisation de l’IA et les méthodes d’enseignement classiques afin de garantir aux étudiants des acquis à la fois humains et intelligents indispensables à leur parcours dans la vie.

L’IA et l’arabe dans les masters scientifiques

Tournant. Un texte, qui entrera en application dès la rentrée universitaire 2026-2027, introduit des changements profonds, plaçant à la fois l’intelligence artificielle et la langue arabe au cœur des cursus scientifiques. Il y a environ deux mois le ministre de l’enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a enclenché un tournant majeur dans la formation scientifique au Maroc. Un nouveau cahier des normes pédagogiques encadrant le cycle « Master des sciences et techniques » (MST) vient d’être adopté, mettant fin à un système en vigueur depuis plus d’une décennie. Publié au Bulletin officiel, parmi les mesures phares de ce texte, l’introduction obligatoire d’au moins un module en intelligence artificielle pour tous les étudiants, indépendamment de leur spécialité. L’objectif de tout cela s’inscrit dans une volonté affichée d’aligner l’université marocaine sur les mutations technologiques mondiales. Cependant, au-delà de la dimension technologique, et dans une démarche à forte portée symbolique, le ministère impose également

l’intégration d’au moins un module dispensé en langue arabe dans les filières enseignées en langues étrangères. Un choix qui traduit une volonté de rééquilibrage entre ouverture académique et ancrage identitaire. Il faut dire que le nouveau dispositif prévoit également un renforcement des compétences transversales, avec l’introduction de quatre modules dédiés à la communication, à l’entrepreneuriat, au management et à la méthodologie de recherche. Cela, dans le but de former non seulement des profils techniques, mais aussi des diplômés capables de s’insérer dans l’économie réelle, voire de créer leurs propres projets. Toutefois, les évaluations finales resteront obligatoirement en présentiel, afin de garantir l’équité et la rigueur académique. Le nouveau système introduit par ailleurs une innovation notable : la prise en compte des activités parallèles des étudiants (scientifiques, culturelles ou sportives) dans un supplément au diplôme, renforçant ainsi la valorisation des parcours individuels.

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