Relations au travail et gestion de l’après-crise sanitaire : Le droit social à l’épreuve de Covid-19 en débat virtuel

Relations au travail et gestion de l’après-crise sanitaire : Le droit social à l’épreuve de Covid-19 en débat virtuel

«Les mesures prises devraient permettre la continuité des secteurs de production indispensables pour l’économie nationale mais avec des restrictions particulières et des modes de travail inhabituels».

En ces temps de crise sanitaire, liée à la pandémie Covid-19, le Maroc a déclaré vouloir poursuivre trois buts principaux : protéger la santé des habitants, préserver les emplois et les entreprises et renforcer le système national de santé. C’est dans ce contexte que se tient, mercredi 13 mai, un webinaire international autour du thème «Droit social à l’épreuve de Covid-19». Initiée par l’Ecole nationale de commerce et de gestion de Tanger (ENCGT) en partenariat avec l’Université Abdelmalek Essaâdi (UAE), cette rencontre virtuelle se distingue par la participation d’une dizaine d’enseignants-chercheurs universitaires, de l’ENCGT et des professionnels en droit du travail nationaux et internationaux pour débattre des mesures prises en matière sociale face à l’épidémie de coronavirus. «L’objectif de ce webinaire international est d’informer et de sensibiliser le public et en particulier les gestionnaires sur les effets de la crise sanitaire et les nouvelles décisions prises par les pouvoirs publics, notamment la dernière convention signée et les mesures à prendre pour faire face à cette pandémie. Il y lieu de signaler que la grande partie de cette rencontre sera consacrée à la gestion de l’après-crise due au Covid-19», fait savoir Nabil Jedlane, professeur universitaire et chef de département management à l’ENCGT.

Par ailleurs, les débats portent sur les sujets prioritaires et les thèmes en rapport avec l’objectif principal de ce webinaire. Parmi lesquels, le code du travail marocain qui «ne prévoit pas des solutions juridiques spécifiques anti-crise. Cependant notre législation contient certains mécanismes anti-crise comme le dispositif de la réduction de la durée du travail, le licenciement pour motif économique, l’organisation du travail par roulement entre les salariés, la liquidation des congés annuels payés, l’octroi d’autres types de congés. Il s’agit notamment du congé supplémentaire payé ou avec réduction du salaire, ou du congé sans solde. Aussi, il y a la possibilité pour les entreprises de recourir au télétravail», explique Khalid Boukaich, professeur universitaire de droit social à l’UAE.
Les conséquences de cette crise épidémiologique, selon l’intervenant, sont visibles dans divers domaines du droit du travail. «D’où la nécessité de construire un droit du travail en cas de crise épidémiologique et des catastrophes naturelles», souligne M. Boukaich.

Selon Dr Tarik Dr Ghailan, médecin spécialiste en médecine du travail et en pathologie professionnelle, le Maroc est parmi les pays ayant vite réagi en instaurant plusieurs mesures pour faire face à la pandémie, dont l’état de l’urgence sanitaire et le confinement de la population. «Cependant les mesures prises devraient permettre la continuité des secteurs de production indispensables pour l’économie nationale mais avec des restrictions particulières et des modes de travail inhabituels», souligne Dr Ghailan.

Cette situation exceptionnelle crée, poursuit l’intervenant, de nouveaux défis pour la santé et la sécurité des salariés exigeant la mise en œuvre des mesures draconiennes pour lutter contre la transmission de cette maladie dans l’entreprise et jusqu’à assurer l’accompagnement psychologique des salariés confinés qui effectuent un télétravail. «Le rôle des différents acteurs de la prévention au sein de l’entreprise se trouve encore une fois bien rehaussé et notamment ceux qui ont été bel et bien mentionnés par le législateur marocain, à savoir l’employeur, le médecin du travail, comité de sécurité et d’hygiène,…», dit Dr Ghailan.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *