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Selon une analyse du Policy Center for the New South: Les universités, acteurs clés de la diplomatie scientifique

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Les universités ont une mission structurante de formation.

Policy Brief : Une nouvelle publication de Policy Center for the New South présente une analyse sur le rôle stratégique des universités marocaines dans la diplomatie scientifique. Les universités sont appelées à préparer une nouvelle génération de profils hybrides, capables de naviguer entre les mondes scientifique, politique et diplomatique.

Policy Center for the New South vient de dévoiler une étude intitulée « Le rôle stratégique des universités marocaines dans la diplomatie scientifique : enjeux, leviers et perspectives». Ce Policy Brief met en lumière la nécessité de renforcer les passerelles entre les sphères académique, diplomatique et politique afin de convertir le capital scientifique national en outil d’influence et de crédibilité internationale. Ce Policy Brief souligne que la diplomatie scientifique représente un vecteur stratégique de visibilité et de rayonnement international pour le Maroc. Dans son analyse, l’auteur Khalid R.Temsamani signale que les crises climatiques, sanitaires ou énergétiques transcendent les frontières et requièrent des réponses collectives fondées sur la science, l’expertise et l’innovation. C’est dans ce contexte que la diplomatie scientifique s’est progressivement imposée comme un champ hybride, à l’interface entre la production de connaissances et l’action diplomatique. L’auteur définit la diplomatie scientifique comme «l’ensemble des interactions entre science et politique étrangère visant d’une part à éclairer la prise de décision publique par des données probantes et, d’autre part, à utiliser la coopération scientifique comme vecteur de rapprochement entre les nations». Les universités constituent le socle de la recherche scientifique nationale. La production scientifique dans notre pays a connu une croissance notable au cours de la dernière décennie. Entre 2015 et 2024, le nombre de publications liées aux Objectifs de développement durable (ODD) est passé d’environ 1.258 à plus de 6 100 par an, avec un corpus total de 31.889 publications indexées entre 2015 et 2024. Le taux de publications avec co-signature internationale est d’environ 36,8 %, indiquant une coopération active avec des partenaires européens et nord-américains. Selon l’auteur, l’augmentation du nombre de publications reflète un dynamisme réel des universités marocaines sur la scène scientifique mondiale, bien que la visibilité et l’impact de ces travaux restent en deçà de ceux des pays de référence. Cette analyse souligne que dans les domaines du climat, de la santé, de l’énergie ou de la biosécurité, les contributions académiques jouent un rôle déterminant dans la formulation des conventions internationales, l’élaboration de normes techniques et l’évaluation des risques. À ce titre, l’implication directe des chercheurs dans les processus diplomatiques permet de renforcer la qualité et la pertinence des décisions prises.

Formation de compétences hybrides

Au-delà de la recherche, les universités ont une mission structurante de formation. Elles sont appelées à préparer une nouvelle génération de profils hybrides, capables de naviguer entre les mondes scientifique, politique et diplomatique. Ces compétences transversales deviennent essentielles dans un contexte où les négociations internationales requièrent une compréhension fine des enjeux techniques autant que des dynamiques géopolitiques. Au-delà des formations disciplinaires classiques, il est primordial de concevoir des parcours hybrides et interdisciplinaires articulant sciences dures, sciences sociales, relations internationales et politiques publiques. Ainsi, la création de masters spécialisés en diplomatie scientifique et négociations internationales fondées sur la preuve scientifique permettrait de former des profils capables de traduire des données complexes en positions diplomatiques opérationnelles. Ce Policy Brief note que des programmes en science, technologie et politiques publiques (STPP), intégrant des modules en analyse de risques globaux, régulation internationale, diplomatie climatique ou sécurité sanitaire offriraient une passerelle structurée entre recherche et décision publique. Par ailleurs, des formations exécutives courtes destinées aux diplomates, hauts fonctionnaires et cadres du secteur privé pourraient renforcer les capacités nationales en matière de dialogue science–politique sur des thématiques prioritaires telles que l’énergie, l’hydrogène vert, l’eau, le dessalement ou la biosécurité.

Les principaux défis

Plusieurs obstacles à une diplomatie scientifique pleinement opérationnelle persistent. Parmi eux figurent l’insuffisance de financements pérennes, la faible coordination inter-institutionnelle, le manque de reconnaissance institutionnelle des contributions scientifiques dans les négociations internationales et l’articulation limitée entre recherche fondamentale et besoins socio-économiques. Dans l’objectif de renforcer le rôle des universités marocaines dans la diplomatie scientifique, plusieurs pistes d’action peuvent être envisagées. Il s’agit d’institutionnaliser la diplomatie scientifique au sein des universités, à travers des structures dédiées et des mécanismes de coordination avec les ministères concernés, créer et renforcer des filières académiques interdisciplinaires couvrant les interfaces science–politique–diplomatie. Parmi les autres recommandations, il est important de valoriser l’engagement international des chercheurs, en l’intégrant dans les critères de l’évaluation académique et cibler des domaines stratégiques prioritaires, tels que l’énergie, l’hydrogène vert, l’eau, le dessalement ou la sécurité sanitaire, le sport et la culture. Enfin, il y a lieu de favoriser les plateformes de dialogue, à l’image de séminaires hybrides organisés au sein des universités, pour renforcer les synergies entre diplomates, chercheurs et décideurs.

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