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Intelligence générative au travail : Selon le Boston Consulting Group (BCG) le Maroc figure parmi les plus enthousiastes

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Les sentiments à l’égard de l’IA varient largement d’un pays à l’autre, de l’enthousiasme à la confusion en passant par la préoccupation.

Stratégie d’entreprise : 70% des consommateurs sont enthousiastes à l’idée d’utiliser l’IA générative au travail, mais seulement 43% approuvent son utilisation dans la vie quotidienne, un sentiment partagé par les Marocains. C’est ce qu’il ressort de la récente étude du pionnier de la stratégie d’entreprise. Les détails.

Pour sa nouvelle étude intitulée «Consumers Know More About GenAI than Business Leaders Think», BCG a interrogé 21.000 consommateurs issus de 21 pays sur leur sensibilisation à l’IA, leur utilisation de la technologie et leurs avis à son égard. Et le Maroc en a fait partie. Les résultats ont révélé que « 80% des consommateurs connaissent l’IA générative et près d’un quart y ont déjà eu recours au moins une fois. 32% des consommateurs âgés de moins de 35 ans ont déjà utilisé l’IA générative, contre 20% des personnes de 35 ans et plus». En fait, les attitudes face à l’IA varient selon les pays sondés. La même source affirme que «le Maroc, la Chine, l’Indonésie et le Brésil démontrent un fort enthousiasme alors que les consommateurs en France, Australie et Grande-Bretagne sont plus circonspects.
Le Maroc figure parmi les pays les plus enthousiastes quant aux avantages de l’IA sur le lieu de travail. C’est en effet ce qu’il ressort de l’étude. En l’espace de seulement cinq jours, ChatGPT a atteint un million d’utilisateurs, renforçant ainsi sa notoriété et soulignant un vif intérêt du public pour l’intelligence artificielle (IA). «Alors que la perception et l’utilisation varient selon le marché, l’âge et l’exposition, les consommateurs du monde entier ont une appréciation plus profonde de l’IA que ce que nous ne le pensons», a déclaré Aparna Bharadwaj, leader mondial de la pratique Global Advantage du BCG, ancienne responsable du Center for Customer Insight et coauteur de l’étude. «Ces résultats d’enquête devraient être un signal d’alarme pour les dirigeants d’entreprise, soulignant le besoin d’une IA responsable pour informer tout ce qu’ils font. Si les consommateurs et les employés sont préoccupés par la confidentialité des données et l’utilisation éthique de l’IA générative, ils n’adopteront pas cette technologie», poursuit-t-elle. Compte tenu des chiffres énoncés ci-dessus, Zineb Sqalli, DG et associée chez BCG Maroc, déclare, de son côté, que « cette opinion générale est partagée par les consommateurs marocains interrogés dans le cadre de cette enquête. 80% d’entre eux ont confirmé connaître des outils GenAI comme ChatGPT, et 38% disent avoir utilisé la plateforme. Ces niveaux sont en ligne avec les taux d’adoption qu’on voit à l’échelle mondiale».

En affinant l’analyse, les auteurs de l’étude sont allés au-delà pour dire que les consommateurs font preuve d’une compréhension fine de l’IA. «Si l’enthousiasme pour la technologie est réel, une part importante des consommateurs interrogés est consciente des risques qu’elle comporte si elle n’est pas mise en œuvre de manière responsable. Environ 40% (44% au Maroc) des consommateurs sont enthousiasmés par les différents usages de l’IA, tandis que 28% (35% au Maroc) ont un avis plus mitigé. Les consommateurs expriment également des préoccupations franches concernant l’IA : 33% (22% au Maroc) s’inquiètent de la sécurité des données et de l’utilisation éthique de l’IA, et 30% de la possibilité que l’IA remplace les travailleurs dans certains emplois», expliquent-ils. 10% des consommateurs ont exprimé, par ailleurs, une inquiétude quant à l’impact environnemental de la GenAI. L’étude du BCG détaille en effet une «courbe de désinformation-excitation-inquiétude». Ce qu’il en ressort c’est qu’«initialement, les consommateurs sont préoccupés par l’IA en raison de la désinformation et des mythes dont elle est l’objet. Mais avec une expérience et une utilisation accrues de la technologie, ils manifestent simultanément plus d’excitation et plus d’inquiétude à l’égard de cette technologie naissante». Tout est dit. Sur le lieu de travail, l’IA enregistre cela dit un plus grand enthousiasme. «Ceux qui ont été interrogés reconnaissent la valeur que l’IA peut apporter, notamment dans l’amélioration de la vie quotidienne. 39% des répondants se déclarent optimistes quant à son impact à cet égard, suivis de 32% qui expriment leur enthousiasme quant à son potentiel en matière de percées scientifiques et médicales». C’est ce qu’il ressort en effet de l’étude. «Il est intéressant de noter que le Maroc figure parmi les 10 pays les plus enthousiastes quant à l’impact de l’IA sur leur lieu de travail (71% des personnes interrogées contre seulement 14% se montrant préoccupées). Cela est cohérent avec les niveaux d’enthousiasme observés dans les pays avec les populations les plus jeunes, plus »digital natives»» poursuivra justement à ce titre Mme Sqalli.

L’ouverture à l’IA n’est pas synonyme de maturité du marché. Les responsables de l’étude en sont arrivés aussi à cette conclusion lors de l’analyse des résultats. Selon eux, «les sentiments à l’égard de l’IA varient largement d’un pays à l’autre, de l’enthousiasme à la confusion en passant par la préoccupation». Bien que les sentiments à l’égard de l’IA soient polarisés dans chaque pays, certains sont plus réceptifs à la technologie que d’autres. Parmi les 21 pays sondés, l’excitation était plus forte en Chine (56%), en Indonésie (49%), au Brésil (46%) et au Maroc (44%), tandis que les répondants en France (50%), en Australie (49%) et en Grande-Bretagne (43%) ont manifesté le plus de préoccupations. En fait, l’inquiétude est plus forte dans certains pays ayant des économies numériquement compétitives, où les consommateurs peuvent se sentir plus menacés par des problèmes liés à l’IA.

«Dans les pays moins compétitifs sur le plan numérique, l’excitation prédomine car l’IA offre une opportunité d’accélérer les solutions à des problèmes critiques dans des domaines tels que la santé et l’éducation » font remarquer les auteurs de l’étude.
Bref, l’IA générative est là pour rester et elle présente des opportunités extraordinaires tant pour les gains de productivité que pour la croissance du chiffre d’affaires.
Les dirigeants souhaitant exploiter le pouvoir transformateur de cette technologie dans la réussite de leur entreprise peuvent le faire dans plusieurs cas. L’étude a fait ressortir en effet les principales implications qui ressortent de l’enquête. Déjà lorsque le dirigeant cherche à inventer de nouvelles applications pour les consommateurs, la transparence est de mise. Le cas aussi se pose où le dirigeant teste de nouvelles idées et produits sur des marchés plus réceptifs à l’IA/GenAI et envisage une approche sur mesure pour les questions de protection de la vie privée. « Au fur et à mesure que les entreprises déploient de nouvelles offres d’IA, il est important de rassurer les clients avant que les applications ne se développent trop rapidement. Les applications d’IA destinées aux entreprises sont plus susceptibles d’être adoptées et de se développer rapidement que les applications utilisées par les consommateurs dans leur vie quotidienne » poursuivent, à ce niveau, les experts. Au-delà, ces derniers ont constaté à la lumière de cette étude que bien que « les données et la technologie soient importantes, gardez à l’esprit la règle 10-20-70, 10% de l’effort consiste à développer de nouveaux algorithmes et la science qui les sous-tend, 20% de l’effort consiste à déployer la « pile technologique » (tech stack) et à veiller à ce que les bonnes données alimentent les bons systèmes et 70% de l’effort concerne la gestion du changement et d’autres processus liés aux personnes». On l’aura compris les changements de personnes et de processus sont des facteurs de succès critiques. «La principale conclusion à retenir pour les dirigeants est que les consommateurs marocains adoptent naturellement l’IA et s’attendent à ce que leurs interactions avec les entreprises évoluent pour davantage intégrer l’IA dans les parcours client proposés». La DG de BCG Maroc bouclera la boucle.

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