970x250

Les dernières tendances du crowdfunding décryptées à l’ESSEC Afrique

Les dernières tendances du crowdfunding décryptées à l’ESSEC Afrique
Doté désormais d’un cadre juridique, le financement collaboratif aurait permis de collecter quelque 3,7 MDH depuis 2019 selon le baromètre sur le crowdfunding élaboré par l’ESSEC Afrique, le laboratoire d’innovation et de finance participative Happy Smala et In-LAB Africa. Les mécanismes de fonctionnement, les bénéfices et des exemples inspirants ont ainsi été présentés par les auteurs de ce travail lors de cette seconde édition sur le domaine. En voici les détails.

La 2ème édition du baromètre du crowdfunding marocain ESSEC Afrique, le laboratoire d’innovation et de finance collaborative Happy Smala et In-LAB Africa et les étudiants de l’ESSEC Afrique ont permis de faire un état des lieux dans un domaine en plein essor au Maroc.
L’enquête s’est basée sur une sélection de 13 plateformes locales et internationales entre janvier 2019 et juin 2021. L’utilisation de ce type de financement par les entreprises est encore nouvelle compte tenu du vide juridique qui existait auparavant. Ce n’est qu’en septembre 2019 que le projet de loi de crowdfunding a été introduit au Conseil de gouvernement. En janvier 2020, la loi y afférente est adoptée à l’unanimité par la Chambre des représentants. En mars 2021, la loi 15.18 pour le financement collaboratif est publiée au Bulletin officiel. Dès lors le processus au Maroc s’est accéléré compte tenu des enjeux.

Le premier chiffre qui ressort est 3,7 MDH. Il s’agit du montant collecté entre 2019 et 2020 à travers les plateformes et correspondant à 171 projets marocains. «Parmi ces projets, 60% sont portés par des particuliers, 27% par des associations, tandis que 10% sont portés par des entreprises et 2% par des entités publiques», détaillent les auteurs du travail de recherche. L’impact sur les projets financés a également été mesuré. «40% du montant total récolté a servi à financer des projets sociaux, 22% à lancer des activités économiques et 10% à soutenir des projets éducatifs», attestent-ils en effet.

Les enjeux sont clairs. La politique nationale va dans ce sens puisque l’inclusion financière est au cœur des priorités depuis plusieurs années.
Pour rappel, le financement collaboratif, ou crowdfunding, représente un moyen de financement alternatif qui permet aux entreprises, aux startups, aux associations, aux initiatives de la société civile et aux coopératives de faire appel à la communauté afin de financer leurs projets en récoltant des petits montants. Ce type de financement s’effectue en général par le biais d’une plateforme web portée par les réseaux sociaux pour faciliter la communication.

Concrètement, une plateforme de financement collaboratif recrute des projets à exposer avec des objectifs de levée de fonds. La communication intensive qui accompagne les porteur.se.s de projets devant convaincre les “backers” (contributeurs) de financer les projets. «Une campagne de crowdfunding a une durée limitée, en moyenne entre 15 et 60 jours», précisent les experts.
«Si la plateforme a comme modèle le “tout ou rien”, les porteur.se.s de projets doivent atteindre leur objectif ou le dépasser pour percevoir les fonds collectés. En revanche, si la plateforme n’a pas opté pour ce modèle, les porteur.se.s de projets peuvent récupérer la totalité des fonds récoltés, quelle que soit la somme atteinte. La plateforme est ensuite rémunérée à hauteur de 5 à 10% de la somme, si la campagne est réussie», expliquent les analystes.
Les dés sont lancés dans le paysage économique marocain. Les porteurs de projets se sont mis en condition et certains se sont démarqués brillamment. Parmi les success stories, l’entreprise Miratti sise à Casablanca et l’association Al Amal à Tétouan ont été citées comme exemples.

Miratti est positionnée dans la conception et la vente de sacs contemporains haut de gamme “Made in Morocco” fondée en 2018. A travers le crowdfunding, Miratti a pu vendre ses premiers sacs sur la plateforme de prévente en ligne Wuluj. En deux mois, Miratti a pu vendre 100 sacs à ses clients et développer son projet. En 2021, l’entreprise participe à une émission télévisée sur 2M et a pu lever 500.000 dirhams via des investisseurs. L’association Al Amal féminine de Tétouan a lancé en 2021 une campagne de financement collaboratif pour réaliser le projet Inqad. Ce dernier vise le réaménagement d’un espace de soutien éducatif au profit des élèves orphelins menacés d’abandonner l’école en raison de leur pauvreté et de leur fragilité éducative et sociale. Cette campagne a été organisée dans le cadre du programme Tadamon, mené en partenariat avec la Banque islamique de développement et accompagnée par les experts de Happy smala.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.