Emploi

Les ingénieurs des mines rappellent la place de l’intelligence artificielle

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«L’intelligence artificielle, un concurrent ou un partenaire ?» C’est le thème retenu par les membres de l’Association des anciens ingénieurs des mines Intermines (Mines Paris Alumni-Mines Saint Etienne Alumni-Mines Nancy Alumni) jeudi dernier lors d’une conférence ftour débat. Retour sur les faits les plus marquants.

L’orateur Bruno Bachimont est également ingénieur civil des mines et philosophe et c’est avec cette double casquette qu’il s’évertuera à planter le décor et en analyser les tenants et les aboutissants pour arriver à la conclusion que «l’intelligence artificielle est un outil fantastique mais qui ne remplacera pas l’homme»
Brillantissime, le discours de l’intervenant interpelle. En fin expert de la chose puisque sa thèse de doctorat portait justement sur l’intelligence artificielle, il posera à une audience tout aussi éveillée si cet outil permet de stimuler la créativité de l’homme. Une rétrospective détaillée de la genèse de l’IA qui a démarré par les réseaux, le Web, les cartes graphiques, les algorithmes…
Elle s’est déclarée depuis une quinzaine d’années. Elle signe sa puissance avec l’arrivée de Chatgpt. «L’intelligence artificielle est désormais massive alors que le siècle dernier l’image du génie faisait référence à la mémoire ou à l’imagination», argumentera l’orateur. Il confirmera ses dires en faisant référence pour la mémoire au savant Averroès et au physicien théoricien Albert Einstein pour l’imagination. Le savoir étant le principal différenciateur entre l’IA et l’être humain.
Les figures du savoir actuelles sont représentées soit par le calcul, soit par l’humain augmenté. «Le fantasme part par le calcul». L’expert étayera ses propos par l’exemple des matchs de jeu d’échecs entre le supercalculateur IBM américain Deep Blue contre le Russe Garry Kasparov. La machine l’a emporté face au champion du monde d’échecs en 1996.
En 2016, le programme Deep Mind s’est imposé par 4 parties à 1 face au Sud-Coréen Lee Sedol, numéro 3 mondial.
L’orateur multipliera les exemples où la machine a eu le dernier mot… Il rappellera l’IA qui a remporté un prix d’art numérique. Il s’agira du théâtre d’opéra spatial créé par la plateforme d’intelligence artificielle générative Midjourney à partir d’un texte de Jason Michael Allen en 2022. La 10ème symphonie de Beethoven inachevée a pu être aussi terminée en 2021 grâce à un algorithme baptisé Beethovann. Cela dit, plusieurs centaines de musicologues se sont réunis pour y parvenir.
L’IA s’est imposée aussi dans le domaine de la santé, notamment en radiologie, en dermatologie, permettant de détecter des maladies invisibles à l’œil nu. Au-delà, elle a permis même de prédire des catastrophes. En 2023, le consultant philanthrope Rolan Berger faisait l’annonce sur la base de son étude que «50% des emplois dans le monde sont exposés à cause de la montée de l’intelligence artificielle». L’intervenant nuancera en rappelant à travers la citation de Gérard Berry Collège de France sur le Nouvel Observateur de 2016 qui «l’ordinateur est super rapide, très rigoureux et complètement con».
Il est certain que l’humain ne pourra pas être remplacé par une machine. «L’IA n’est pas un concurrent ontologique mais un concurrent politique fort», poursuivra l’intervenant.
Les outils sont stupides et le resteront. Par contre, l’IA peut être utilisée comme déstabilisateur social – suppression des emplois -. Après une longue démonstration des aspects de la machine l’expert expliquera que «l’humain ne doit pas être au centre mais à l’extérieur de telle sorte à ne pas être sous l’emprise de l’IA». Les enjeux sont clairs.
Il s’agit de rendre intelligibles les outils pour qu’ils puissent être intégrés dans le jugement. L’exposé était riche d’exemples. La salle comble, représentée par une population d’ingénieurs toutes générations confondues, les a tous intégrés. Dès lors le débat fut ouvert. Pour rappel, l’événement a été sponsorisé par Taqa Morocco et Akwa Group. Ce fut également l’occasion d’officialiser la nouvelle présidence en la personne d’Iliass Elfali, Managing Director, Corporate Strategy, performance management & operations coordination à OCP qui vient succéder à Ahmed Nakkouch, Pdg de Green of Africa.

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