Emploi

Les Marocains sont attachés culturellement et familialement à leur pays !

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ReKrute, en collaboration avec le Boston Consulting Group et The Network, vient de dévoiler les résultats de son enquête mondiale sur la mobilité internationale réalisée auprès de plus de 150.000 cadres. Des Marocains intrinsèquement plus attachés à leur pays que le reste du monde (53% vs 33%). Les Français et les Saoudiens sont les plus attirés par une expatriation au Maroc, suivis de près par les Egyptiens et les Tunisiens. Le Marocain souhaite quitter le Maroc principalement pour des raisons financières, et une meilleure qualité de vie, toujours est-il que le souhait d’expatriation est moins fort qu’en 2020 (-16 points). Les détails.

 

La première conclusion de cette étude est qu’au Maroc, «la mobilité internationale et le retour au pays captivent autant les employeurs que les employés, notamment dans un contexte de mondialisation croissante du marché du travail». Toutefois, malgré les facilités accrues de déplacement et les nombreuses opportunités à l’étranger, ce travail d’investigation et de recoupement a révélé les leviers pour fidéliser ses collaborateurs et mieux attirer les expatriés marocains et les internationaux. Pour rappel, cette étude est menée chaque 2 ans depuis plus de 10 ans par ReKrute en collaboration avec Boston Consulting Group (BCG) et The Network, le réseau international des portails emploi leaders dans le monde. L’enquête livre en toute transparence les attentes de 150.000 cadres présents dans plus de 185 pays, dont 1.097 au Maroc. D’entrée, il ressort de cette étude que les pays anglo-saxons demeurent parmi les plus attractifs au monde.  L’enquête «Mobilité internationale : Quelles sont les attentes des cadres ?» révèle tout d’abord quelques grandes tendances mondiales, notamment concernant les pays et les villes les plus attractives pour les cadres au niveau global. C’est ainsi que cette année, le Top 5 ressort de cette manière. L’Australie arrive en tête, suivie par les USA, le Canada, UK et l’Allemagne. Le Top 3 reste inchangé depuis 2020 même si l’Australie a pris la 1ère place, laissant la troisième au Canada cette année. «La France passe en 3 ans de 6ème pays le plus attractif au monde au 9ème en 2023. D’autres comme l’Espagne sont au contraire réapparus dans le Top 10 en dernière position après avoir disparu du classement en 2020», ont constaté les auteurs du travail. Et il ressort que les villes les plus attractives au monde pour les cadres sont par ordre décroissant d’attractivité : Londres en 1er, Amsterdam en 2ème, Dubaï et Abu Dhabi en 3ème et 4ème positions à quasi-égalité, puis New York en 5ème. Barcelone arrive en 8ème position, ce qui a permis à l’Espagne de revenir dans le classement cette année. Bref, la mobilité internationale est une réalité essentielle à prendre en compte par tous les DRH, soit pour mieux recruter en cherchant des viviers là où nécessaire, soit pour mieux fidéliser leurs collaborateurs.
«En pourcentage ce sont 63% des cadres mondiaux qui rêvent d’expatriation. Et même si ce score a chuté de 15 points depuis 2018, ils représentent encore le souhait de plus 1 cadre sur 2 dans le monde». C’est ce que révèle l’étude. Concernant le Maroc, il a été classé dans le Top 100 des pays les plus attractifs au monde, à la 71ème position en 2023. Le Maroc perd ainsi 10 places par rapport à 2020. Il continue cependant à fortement attirer, principalement des Français et des Saoudiens à égalité, suivis de très près par les Egyptiens et les Tunisiens. Ceux qui suivent après sont par ordre : le Nigeria, la Belgique, UAE, le Canada, le Portugal et enfin l’Algérie.
Les auteurs de l’étude ont aussi constaté que les pays attirés par le Maroc sont pour beaucoup ceux qui recrutent beaucoup de Marocains comme la France, l’Arabie Saoudite, la Belgique ou même le Canada… «Est-ce un signe que les Marocains souhaitent rentrer au bercail dès que les conditions le permettent ?». La tendance irait dans ce sens mais il s’agirait d’une autre enquête à réaliser. Dans le sens inverse en tous les cas il a été constaté que «les destinations internationales favorites des Marocains pour travailler sont par ordre d’attractivité le Canada, la France puis l’Allemagne». Le Top 3 en 2020 demeure le même. Cette année, la France est arrivée en 2ème position prenant la place de l’Allemagne qui est en 3ème position en 2023. Les pays anglo-saxons, contrairement au reste des cadres dans le monde, attirent les cadres marocains mais sans différence notoire depuis 2020. Les Etats-Unis arrivent en 4ème alors que les pays anglo-saxons restent en 10ème position. A noter aussi que le Qatar et l’UAE sont complétement sortis cette année des pays les plus attractifs pour les Marocains.
Les obstacles et avantages pour une expatriation ont été aussi analysés et passés au peigne fin par les consultants. Le premier constat est que «même si en 2023, 52% des professionnels marocains souhaitent travailler à l’étranger, une baisse par rapport à la dernière étude en 2020 a été notée». Cela démontre clairement que de moins en moins de cadres marocains souhaitent s’expatrier, trouvant de plus en plus réponse à leurs attentes localement…
Malgré un désir évident de mobilité, plusieurs barrières demeurent pour les cadres marocains, notamment les attachements familiaux et culturels forts. «Ils sont ainsi 53% des cadres à refuser de partir car ils sont émotionnellement attachés au Maroc. Ce score est tout de même de 20 points supérieur à la moyenne mondiale qui arrive seulement à 33% !»
L’étude a révélé que «41% des cadres refusent l’expatriation car leur famille ne peut pas les accompagner. Cela représente le second critère le plus important pour un refus». Une meilleure qualité de vie représente aussi une raison évidente pour rester au pays. Des points noirs viennent, cela dit, contrebalancer la donne. Ils sont essentiellement liés au système social et de santé, à l’épanouissement personnel et à l’expérience culturelle. Partant de toutes ces tendances, l’enjeu pour les recruteurs internationaux et nationaux de comprendre et d’adapter leurs offres et processus aux besoins spécifiques des talents marocains est certain. Pour attirer les internationaux, les DRH locaux doivent quant à eux privilégier une assistance au logement, à l’obtention du visa et du permis de travail. Une aide à la réinstallation et un soutien en formation linguistique sont aussi fortement attendus par les Marocains qui sont pour la mobilité internationale.

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Méthodologie de recherche 
Cette étude internationale a été menée de janvier à avril 2024, impliquant 150.000 professionnels répartis dans plus de 185 pays. Elle a été réalisée par le Boston Consulting Group (BCG) et The Network, avec la participation de ReKrute pour le segment marocain, incluant 1.096 répondants locaux. Les données collectées comprennent des informations détaillées sur les préférences de mobilité des cadres, segmentées par sexe, âge, niveau d’éducation, secteur d’activité, expérience professionnelle et fonction. Cette méthodologie complète a permis une analyse approfondie des tendances en matière de mobilité internationale parmi les professionnels à travers le monde. 

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