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Marché du travail : Six recommandations pour améliorer l’efficacité des politiques en place

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L’étude appelle à élargir la cible des programmes en incluant les jeunes en rupture de scolarité, les jeunes diplômés des petites villes, les chômeurs de longue durée, et les personnes en situation de handicap.

Etude : L’évaluation des programmes classiques de l’Anapec, notamment Idmaj, Tahfiz, Taehil et Auto-emploi, met en évidence des résultats positifs en termes de création d’emplois et d’amélioration de l’employabilité, selon une récente étude publiée par Policy Center for the New South. Cette analyse braque les projecteurs sur les défis des politiques actives du marché de l’emploi en s’appuyant sur les études d’évaluation réalisées par le ministère de l’inclusion économique. Elle propose dans ce sens une série de recommandations visant à maximiser la contribution de ces politiques tout en décryptant les principaux programmes du secteur. Les détails.

Les programmes mis en place par le Maroc pour renforcer le marché du travail ont contribué à la création d’emplois et à l’amélioration de l’employabilité. C’est ce qui ressort d’une étude récemment publiée par Policy Center for the New South sous le thème «Politiques actives du marché du travail au Maroc : bilan des programmes phares, défis et pistes d’amélioration». Toutefois, ce marché est confronté à de nombreux défis. Pour en évaluer la portée, ce document passe au crible l’efficacité des programmes phares de l’Anapec, notamment Idmaj, Tahfiz, Taehil et Auto-emploi, en examinant leurs objectifs, leurs cibles, leurs réalisations, leurs coûts, et leurs impacts à court et long termes. Pour ce faire, elle s’appuie sur les études d’évaluation réalisées par le ministère de l’inclusion économique et les données disponibles.

«Le marché du travail marocain est confronté à des défis multiples et complexes qui nécessitent une intervention active de l’État pour promouvoir l’emploi et l’inclusion sociale. L’analyse des politiques actives du marché du travail (PAMT) au Maroc révèle des efforts importants pour répondre à ces défis, mais également des points faibles et des pistes d’amélioration. L’évaluation des programmes classiques de l’Anapec, notamment Idmaj, Tahfiz, Taehil et Auto-emploi, met en évidence des résultats positifs en termes de création d’emplois et d’amélioration de l’employabilité. Cependant, il est crucial de renforcer l’efficacité de ces programmes en tenant compte de la segmentation du marché du travail, de l’hétérogénéité des bénéficiaires et des spécificités des secteurs économiques», peut-on lire dans cette étude. Celle-ci propose six recommandations pour améliorer l’efficacité des politiques actives du marché du travail.

Elle appelle à élargir la cible des programmes en incluant les jeunes en rupture de scolarité, les jeunes diplômés des petites villes, les chômeurs de longue durée, et les personnes en situation de handicap. «Il est primordial d’étendre les programmes et les mesures actives d’emploi à des catégories autres que les chômeurs diplômés. Le problème du marché du travail ne se limite pas à cette seule catégorie. Il est donc nécessaire de prendre en compte la segmentation du marché du travail marocain et de l’hétérogénéité des bénéficiaires pour cerner des catégories qui n’apparaissent pas dans la version standardisée des programmes, telles que les jeunes en rupture de scolarité, les jeunes diplômés des petites villes ou villes moyennes, les chômeurs de longue durée ou en situation d’exclusion ou de handicap», explique la même source.

Cette analyse propose aussi d’améliorer le ciblage en adaptant les programmes aux besoins spécifiques de chaque groupe de bénéficiaires. «Le ciblage des catégories de jeunes chômeurs doit être plus précis et prendre en compte les besoins spécifiques de chaque groupe. Des mesures d’accompagnement adaptées à chaque situation et des programmes spécifiques sont nécessaires pour répondre aux besoins de ces populations souvent marginalisées», argumente cette étude. Pour le programme Idmaj, elle suggère de tenir compte de l’adéquation des postes proposés aux formations et aux attentes des bénéficiaires du programme Idmaj. Cette étude recommande aussi de surveiller les pratiques des entreprises. «Des contrôles plus stricts doivent être mis en place pour surveiller les pratiques des entreprises et lutter contre la rotation excessive des stagiaires. Des sanctions plus dissuasives sont nécessaires pour décourager ce type de pratiques qui nuisent à l’efficacité du programme», souligne la même source. De plus, elle recommande des évaluations sectorielles, au niveau du même programme, systématisées pour améliorer la conception du programme Idmaj en fonction des spécificités de chaque secteur économique.

Par ailleurs et comme le souligne la même source, les récentes améliorations introduites dans le programme Idmaj, telles que la réduction de la durée du stage, la couverture médicale et l’appui à l’insertion durable, doivent être consolidées et promues pour renforcer l’attractivité du dispositif. Concernant le programme Taehil, cette étude met en avant la nécessité d’avoir une équité catégorielle et territoriale. «Le programme Taehil doit être étendu progressivement aux non-diplômés et une mesure d’appui à la mobilité doit être mise en place pour garantir un accès équitable à la formation pour tous les jeunes, quels que soient leur situation géographique et leur niveau de diplôme», précise la même source. Ce programme devrait s’appuyer, comme recommande le même document, sur une approche territoriale et partenariale pour accroître ses réalisations. Selon la même source, il faut améliorer entre autres l’attractivité du programme Taehil auprès des opérateurs de formation d’excellence en simplifiant les procédures, en accélérant le traitement des dossiers et en révisant les tarifs.

S’agissant du programme Auto-emploi, les actions à mener sont au niveau de la coordination et la complémentarité, du renforcement de l’accompagnement, de l’encouragement des bons projets, de l’adaptation des dispositions législatives, du ciblage des activités porteuses, de mobilisation et diversification de l’appui financier, des solutions pour les locaux et le foncier, de la personnalisation de l’accompagnement, de l’amélioration du système de sélection et du suivi post-création. Enfin, la même analyse appelle à améliorer la gouvernance des PAMT à travers, entre autres, le renforcement des capacités, l’intégration des nouvelles technologies, et la décentralisation des services.

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