Quels coûts économiques des inégalités de genre au Maroc : La DEPF et ONU Femmes livrent leur analyse

Quels coûts économiques des inégalités de genre au Maroc : La DEPF et ONU Femmes livrent leur analyse

Elles sont ouvrières, enseignantes, aides-soignantes, chefs d’entreprises, employées dans tous secteurs confondus… les femmes constituent un maillon central du développement économique.

Néanmoins, leur faible accès aux débouchés continue de faire obstacle à l’autonomisation des femmes et par conséquent à restreindre les chances de profiter pleinement du potentiel de cette partie importante de la population. En effet, le taux d’activité des femmes dans le pays est bien inférieur au niveau qui devrait être atteint en rapport à son niveau de développement actuel. Le pays gagnerait pleinement à renforcer l’accès des femmes aux opportunités économiques.

«L’estimation des gains potentiels qui pourraient être générés moyennant la réduction des écarts de genre, en termes d’accès à l’activité, considérés comme des réserves de croissance économique jusque-là non encore utilisés, s’avère alors d’une grande utilité et, particulièrement, dans ce contexte marqué par une crise sanitaire sans précédent impactant considérablement l’autonomisation économique des femmes», indique la direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans une récente étude menée en partenariat avec le Centre d’excellence de la budgétisation au genre (CE-BSG) et ONU Femmes. Ce document analyse les gains en termes de points de croissance économique résultant du renforcement de l’intégration des femmes dans le marché du travail.

Pour y parvenir elle s’est appuyée sur l’évolution de la participation des femmes à la population active, au cours des vingt dernières années, au Maroc et dans d’autres pays en se basant sur les performances économiques de ces pays. A cet effet, un examen de la relation entre la moyenne mondiale de l’emploi féminin et les trois indices de développement (le PIB par habitant, la fécondité et le niveau d’éducation) et son application pour le cas du Maroc ont été réalisés.

«Les constats qui en découlent font état d’un taux d’activité des femmes à atteindre par le Maroc qui devrait s’accroitre de 15 à 20 points de plus que le taux enregistré en 2019 soit 21,5%», soulignent les auteurs de cette analyse ajoutant que ce gap est d’autant plus inquiétant au regard du niveau d’activité féminine qui stagne, voire qui régresse sur les deux dernières décennies. «Ces tendances sont non seulement liées aux facteurs sociaux impactant négativement l’emploi des femmes mais également au rythme relativement lent de la transformation structurelle de l’économie et le manque d’expansion de certains secteurs qui se sont avérés essentiels à l’expansion de l’emploi féminin à l’instar d’autres pays comme le secteur manufacturier et les services», relève la même source.
Normes liées au genre, le cadre juridique, la structure de l’économie et du marché de l’emploi, le capital humain… Autant de facteurs influencent à la fois l’offre et la demande. Parallèlement, les contraintes familiales, en l’occurrence le nombre d’enfants à charge constitue un obstacle important orientant la décision des femmes d’intégrer le marché du travail. Plus révélateur, la proportion de femmes dans le ménage impacte sensiblement leur accès au travail. Et pour cause : un poids élevé des femmes dans un ménage leur accorde plus de chance pour accéder à l’autonomie économique.

 

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