Seddiki lance la stratégie nationale de l’emploi

Seddiki lance la stratégie nationale de l’emploi

Après avoir annoncé son intention de baisser le taux de chômage à 8%, Abdeslam Seddiki, ministre de l’emploi et des affaires sociales, passe au concret. Vendredi dernier, il a lancé, à Rabat, les travaux de la stratégie nationale de l’emploi, qu’il a qualifiée de «première», afin de «contrecarrer ce fléau via un développement économique en encourageant l’investissement».

Une démarche que son département semble entreprendre suite aux chiffres poignants révélés par le HCP ayant démontré la hausse du taux de chômage en début d’année et en l’absence d’une vision claire. Pour lui, «l’emploi est une question de mobilisation populaire et de volonté politique».

Une détermination qui sera reflétée dans ladite stratégie qui se décline en quatre objectifs stratégiques afin de favoriser la dynamique de création d’emplois. Il s’agit  de dynamiser l’emploi productif et décent et améliorer ainsi que valoriser le potentiel humain.

Il est également question d’améliorer l’accompagnement des mobilités sur le marché du travail en renforçant la prévalence de l’emploi productif et décent, voire améliorer la gouvernance du marché du travail. En effet, tout est question de bonne gouvernance en bonne et due forme dans un marché marqué par des dysfonctionnements. Ceux-ci concernent, selon le ministre, l’écart significatif entre l’offre et la demande des postes d’emploi décents et productifs et la faible dynamique de création d’emplois par rapport à l’évolution de la demande sociale.

Il a également précisé que le chômage a pris une dimension structurelle, notamment parmi les jeunes demandeurs d’emploi pour la 1ère fois, comme il a pointé de doigt le niveau bas des qualifications de la population active, ainsi que la dominance des emplois vulnérables à raison de 66% et le fractionnement du marché de l’emploi entre le secteur public, dont la capacité est limitée, le secteur privé organisé et le secteur privé non-structuré.

Quant à l’élaboration de cette stratégie, elle a nécessité un travail de longue haleine. Le travail ayant démarré en 2011 pour s’étaler sur trois étapes principales.

La première, qui se situe entre mai 2013 et mars 2014, a concerné le diagnostic du marché de l’emploi qui a permis de faire un état des lieux de la situation actuelle et offert une opportunité pour impliquer l’ensemble des acteurs concernés par l’emploi. La deuxième phase (mai-juillet 2014) permettra l’élaboration de la stratégie via la mobilisation de l’expertise technique, la mise en place d’un comité de pilotage et d’un comité technique en charge de piloter et de suivre la formulation de la stratégie.

Le tout sera couronné entre juillet et septembre 2014 pour la planification opérationnelle et la mise en place d’un plan d’action de la stratégie appuyée financièrement par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement et exécutée par le ministère marocain de tutelle et grâce au soutien technique du bureau international du travail.

A propos de la contribution de l’agence espagnole, l’ambassadeur de nos voisins au Maroc a indiqué que «cette stratégie, financée à hauteur de 4 millions d’euros, permettra de donner des réponses aux problèmes graves de l’emploi».

Pour sa part, le BIT apportera son expertise en la matière au profit de ses partenaires marocains à partir de son expérience dans d’autres pays. Selon ce bureau, cette stratégie est purement marocaine. Elle sera développée par une équipe bien de chez nous mais qui sera dirigée par un expert international désigné par ledit bureau. Que ce travail donne ses fruits!
 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *