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Jonathan Harroch: L’introduction de la fitech bousculera très vite le sport au Maroc

Entretien avec Jonathan Harroch, président du groupe City Club

C’est le titre de la boite
C’est un fait. Le consommateur marocain, désormais plus exigeant, recherche dans le sport un résultat. Après 8 ans d’activité, le groupe City Club s’ouvre à la franchise pour se développer davantage sur tout le Royaume. Autre innovation, celle de la fitech qui débarquera vers la mi-décembre et qui révolutionnera le paysage sportif marocain. Retour sur un business model en pleine expansion.

ALM : Pourriez-vous déjà nous dresser un bilan des 8 ans d’activité du groupe City Club ?
Jonathan Harroch : Le groupe a développé pendant 8 ans 43 clubs sportifs avec trois marques ; City Club, la Cité des Sports qui est la version XL de City Club (ndlr : multi activités) et la marque premium nommée Unique. Nous comptons aujourd’hui 1.200 collaborateurs et nous avons investi 450 MDH depuis le démarrage avec 14 mois de fermeture lors de la crise sanitaire due à la Covid 19. Le bilan de City Club est bien plus grand, celui d’avoir pu démontrer que nous sommes capables de proposer une prestation de qualité à 100 DH par mois. Nous sommes présents dans 8 villes du Maroc. Cette expérience et cette maturité nous ont aussi fait prendre conscience qu’en développant 43 clubs en propre nous avons atteint nos limites en termes de gestion. Et c’est pour cela que nous allons proposer 140 franchises dans toutes les villes et quartiers du Maroc sous les trois enseignes. Il faut dire que la période Covid-19 a métamorphosé l’accès au sport des individus et des familles. Aujourd’hui, le sport de proximité, la gym, la fitech, et l’obligation des résultats représentent désormais les mots d’ordre du consommateur. Cette tendance résulte des 13 études effectuées par le cabinet Créargie sur l’impact du sport et les desirata du consommateur. Et c’est justement ce qui nous a poussés à développer le sport MMA (sport en cage), le fitness et la piscine.

Comment avez-vous géré la crise sanitaire due à la pandémie ?
La pandémie a entraîné la fermeture des salles de sport pendant 14 mois engendrant 100 MDH de déficit. Mais la vraie perte est celle liée aux ressources humaines. Car le fait d’avoir créé avec 40 collaborateurs le groupe City Club et avoir perdu la majorité de ses cadres a été une vraie catastrophe.
Néanmoins, la santé et la sécurité des adhérents ont été une priorité. Nous avons même pris la décision de procéder au report des abonnements de nos clients afin que ces derniers ne subissent aucun préjudice financier.

Aujourd’hui avec le changement de nom et en passant à l’appellation Nation Sportive, le positionnement est clair. Quelle est la stratégie de développement qui l’accompagnera ?
Le changement de nom Nation Sportive est né du fait que le groupe a à son actif une dizaine de marques et 220.000 adhérents représentant ainsi un vrai écosystème dans le cadre du développement de l’accès aux salles de sports avec des écoles de formation, de la vente de machines et d’accessoires de sport (Matrix). Pour le consommateur, à un certain stade, le sentiment d’appartenance devient très important. Et donc appartenir à un grand groupe est un gage de sécurité et de qualité. Avec un objectif de 1,5 million de Marocains dans nos salles, l’appellation Nation Sportive était une évidence.

Concrètement, quels sont les objectifs que vous vous êtes assignés ?
Nous nous sommes fixé comme objectif d’ouvrir 140 nouveaux clubs pour couvrir tout le Royaume et nous permettre d’installer des politiques sport/entreprise, sport/ jeunesse et sport/femmes. Mon objectif est de créer un vivier de sportifs et de coopérer avec l’ensemble des fédérations afin de créer un noyau de champions.

Quels sont les moyens financiers et humains qui seront mis en œuvre pour les atteindre ?
Aujourd’hui la création d’un grand salon de l’entrepreneuriat et des métiers du sport permettra de capitaliser sur 3.000 emplois directs et 15.000 emplois indirects. La mise en place de conventions avec des banques financera le sport. Et la création par Jonathan Harroch du premier fonds d’investissement dédié au sport contribuera davantage au développement du sport au Maroc.

Compte tenu de votre volonté de démocratiser le sport à travers tout le Royaume, qu’en est-il du développement de votre segment Premium ?
Dans son interprétation proprement dite, il est apparu que ce que l’on appelle aujourd’hui le segment Premium est l’exigence. Partant de là, j’ai créé un marché de proximité. Ces personnes sont devenues exigeantes. Et aujourd’hui, la salle premium est une salle qui complète une offre de qualité donc des coachs mieux payés, plus performants, des infrastructures un peu plus petites mais dont les matériaux sont extrêmement bien étudiés et ont un coût d’investissements largement supérieur et qui impacte le prix de l’abonnement. Dès lors, c’est la marque Unique qui représentera l’avenir dans les grandes villes. Elle est extrêmement demandée et c’est pourquoi nous ouvrirons 4 nouvelles salles Unique en 2022 et 12 autres en 2023 sous forme de franchises. Les dossiers relatifs aux ouvertures à Tanger, Marrakech et Casablanca Bouskoura sont déjà signés… Aujourd’hui nous avons une vraie volonté de répondre à l’exigence de la clientèle marocaine. D’ailleurs, pour la première fois en Afrique, nous allons investir dans une salle de machines appelée e-gym développée par Google et Microsoft qui est la Rolls-Royce du fitness dans le monde. L’ouverture officielle est prévue le 15 décembre et concernera la salle «Unique boulevard d’Anfa». L’investissement de départ pour équiper en 18 machines ledit lieu a été estimé à 5 MDH. Il s’agit de la première version fitech palpable par le client. Aujourd’hui Meta investit beaucoup dans ce dernier domaine.

Est-ce que les autres salles réservées aux petites bourses sont équipées de la même manière ?
Chez Nation Sportive nous faisons fort de la péri-équation en termes d’ouverture dans toutes les villes, dans tous les quartiers et au service de tous les Marocains. Nous avons beaucoup de respect pour nos consommateurs et nous sommes disposés à leur offrir le meilleur. D’ailleurs, toutes nos salles City Club sont équipées par des machines de notre principal partenaire Matrix.

Vous avez opté pour un partenariat public-privé pour développer votre réseau à travers le Royaume ? Pourriez-vous nous détailler la démarche ?
Nous n’avons pas opté pour un partenariat mais nous nous développerons en franchises en fonds privés pour apporter expertise et expérience. Nous sommes en mesure d’accompagner les pouvoirs publics pour la réouverture des infrastructures sportives fermées. Nous pouvons aussi apporter notre expertise à une gestion plus efficiente, plus attractive et mieux équipée.

Le mot de la fin peut-être…
Je me suis fixé comme objectif après 50 ans de faire du Maroc un vrai modèle de Nation Sportive. Insuffler le sport dans le quotidien de tous, exporter des marques comme City Club et Unique à l’international et faire du Maroc un exemple dans toute l’Afrique. Je considère que le sport de proximité est la première marche dans un processus long pour gagner des médailles.

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