Faits-Divers

20 ans de réclusion pour kidnapping et viol

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Séquestration
Elle n’était sortie que pour une course, comme tant d’autres fois. Mais ce soir, à Casablanca, elle n’est pas rentrée. Un appel bouleversant, une mère effondrée, une famille plongée dans l’angoisse la plus totale. Grâce au sang-froid d’une sœur et à une traque menée par la police, la vérité éclate enfin, aussi terrifiante que salvatrice.

Elle avait vingt-sept ans, vivait chez ses parents, sans emploi ni fiancé, et menait une vie tranquille faite de petites habitudes. Une course au marché, une visite chez une amie, jamais de longues absences. Ce soir de janvier 2026 ne devait pas faire exception. Pourtant, l’heure de son retour est passée sans qu’elle ne franchisse le seuil de la maison. Vingt heures, puis vingt et une heures ont sonné dans le silence. Son téléphone ne répondait plus. À vingt-deux heures, l’angoisse s’est emparée de toute la famille. Le père a composé le numéro de sa fille, encore et encore, sans succès. La mère, elle, imaginait déjà le pire : un accident, une agression, un enlèvement, chaque hypothèse plus effrayante que la précédente.

À vingt-trois heures, un appel a enfin percé le silence. Un numéro inconnu s’affichait à l’écran. La mère a décroché d’une main tremblante et a reconnu, entre deux sanglots, la voix brisée de sa fille. La jeune femme suppliait qu’on vienne la sauver. Elle était séquestrée par un clochard. La communication s’est coupée aussitôt. Sous le choc, la mère s’est évanouie. Le père, affolé, a tenté de la ranimer, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer. Lorsqu’elle a repris connaissance, elle n’a pu que répéter, entre deux sanglots, la terrible nouvelle : leur fille était retenue par un inconnu. Ni prénom, ni adresse, seulement la peur. Le père s’est aussitôt rendu au commissariat d’El Fida-Derb Soltane pour signaler la disparition. Une enquête a immédiatement été ouverte. Les policiers ont retrouvé le numéro d’où provenait l’appel et ont multiplié les tentatives pour le joindre.

Après plusieurs essais infructueux, une voix a fini par répondre, brièvement, avant de raccrocher. Les enquêteurs ont alors eu recours à la sœur de la disparue, lui demandant de composer elle-même le numéro. Après plusieurs tentatives, l’homme a fini par décrocher. Elle l’a supplié de libérer sa sœur. Il a refusé, mais a accepté de donner de ses nouvelles, à la condition stricte de ne pas prévenir la police, sous peine de tuer sa captive. Il a communiqué une adresse. Fausse. Puis une deuxième. Fausse également. Une troisième, une quatrième, toujours rien. Mais la cinquième adresse, cette fois, correspondait à un immeuble bien réel.

La sœur s’y est précipitée. Elle a frappé à la porte, sans obtenir de réponse. Elle a insisté, pendant plus de vingt minutes, refusant d’abandonner. La porte a fini par céder sous ses coups répétés. Les policiers, discrètement postés aux abords de l’immeuble, sont alors intervenus et ont maîtrisé l’homme qui venait d’ouvrir. À l’intérieur du logement, la jeune femme a été retrouvée, séquestrée, violée, terrorisée, mais vivante. Son ravisseur, un repris de justice âgé de quarante-cinq ans, a été arrêté. Il a par la suite comparu devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, poursuivi pour kidnapping, séquestration, viol, ainsi que coups et blessures. Au terme du procès, la justice l’a reconnu coupable de l’ensemble des chefs d’accusation et l’a condamné à vingt ans de réclusion criminelle.