Bagarre mortelle dans un chantier

Bagarre mortelle dans un chantier

Quand Mohamed a quitté sa ville Martil, laissant derrière lui ses parents, sa femme et ses six enfants, pour regagner Tanger, il ne pensait qu’à une seule chose : trouver le plus vite possible un emploi. Il en avait énormément besoin pour subvenir aux besoins de sa famille. Ce quadragénaire jouissait d’une bonne réputation. À Martil, il est très apprécié par sa famille, ses amis et ses voisins. Il ne se mêlait pas des affaires des autres. Il ne se préoccupait que de son foyer et de son travail. Il se déplace souvent de ville en ville pour gagner sa vie. Après plusieurs mois d’absence, il rend visite à sa petite famille pour passer quelques jours en compagnie de ses enfants et de sa femme et leur remettre une somme d’argent qu’il a pu économiser. Il travaillait souvent comme gardien. Il ne savait pas faire autre chose puisqu’il n’a jamais mis les pieds à l’école. Il n’a même pas appris un métier.
La dernière fois, il a emballé ses affaires et quitté sa famille pour rejoindre un chantier de construction à Tanger. C’est là qu’il devait assurer, cette fois-ci, le gardiennage.  Sérieux et dévoué dans son travail, Mohamed accomplissait sa tâche sans aucun problème. De même, aucun incident n’a été enregistré depuis son arrivée au chantier. Bref, tout était en ordre, fonctionnait bien. Cependant, Un jour, Brahim, ouvrier travaillant dans le même chantier, est retourné le soir sur les lieux. Bizarre. Mohamed est très intrigué par ce retour surprenant. D’habitude, les employés quittent le lieu du travail à 18 h 30. "Que veut-il au juste ? A-t-il oublié quelque chose", se demandait Mohamed qui le surveillait de loin. Le sourire aux lèvres, Brahim a salué Mohamed avant de sortir. Ce dernier a tenté de savoir la raison de sa présence à une heure tardive. Cependant, Brahim ne lui a pas laissé le temps d’achever sa question. Cet originaire de Sidi Slimane et père de trois enfants disparaît pendant quelques secondes puis réapparaît accompagné d’une jeune femme. « Qui est-elle ? Et qu’est-ce que vous voulez faire à l’intérieur du chantier ? », lui a demandé le gardien Mohamed d’un ton ferme. Brahim, qui semble avoir bu quelques verres d’alcool, lui a demandé de le laisser entrer aux baraques des ouvriers. "Pourquoi faire ?", a-t-il lâché, l’air coléreux. Sur ce, Brahim lui lance un sourire ironique tout en essayant de le bousculer pour s’introduire à l’intérieur. Mais Mohamed tente à son tour de l’en empêcher. Brahim lui répond alors qu’il n’en a que pour quelques minutes. «Et elle est à ta disposition si tu veux qu’elle reste avec toi après mon départ».
La dispute entre les deux hommes tourne très mal.
Brahim fait usage de la force. Il a tenté de le pousser pour passer. Mais en vain. Mohamed s’est opposé férocement. Les deux hommes perdent tout contrôle de la situation. Les cris cédent la place aux coups de poing. Chacun d’eux s’efforce de se défendre. Brahim pousse Mohamed pour rentrer au chantier avec la jeune femme et le second repousse le premier pour l’en empêcher. Du coup l’accrochage devient violent. Un instant plus tard, Mohamed a relâché Brahim et a couru vers un coin du chantier de construction pour y chercher de quoi se défendre. Mohamed s’est emparé d’une hache et s’est précipité vers Brahim. Recevant un coup violent au niveau de la tête, Brahim s’effondre de tout son long. Mohamed a pris aussitôt la poudre d’escampette,  errant durant une vingtaine de jours dans les ruelles de Tanger. De même, la jeune femme qui était en compagnie de Brahim a disparu. La police la recherchait activement. Un mois plus tard, Mohamed s’est rendu chez lui à Martil pour voir sa femme et ses enfants. En racontant son histoire à sa femme, cette dernière l’a convaincu de se présenter à la police. Mohamed et la jeune femme, arrêtée quelques jours plus tard, attendent actuellement le verdict de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *