Aimable, ce père de famille n’a pas trouvé de difficulté à se familiariser, à la première rencontre, avec sa victime.
C’est ce qu’on déduit de la déclaration de cette femme qui rêvait de mettre ses pas sur le Vieux Continent. Elle est plutôt mal tombée parce qu’elle s’est retrouvée entre les griffes de cet arnaqueur de quarante-deux ans. Le mis en cause et la victime comparaissent devant le tribunal. Présentant son témoignage devant le juge de la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca, elle raconte qu’elle l’a rencontré par un pur hasard dans un café au centre-ville. Ils engagent facilement une conversation.
Il ne lui fait pas des avances, mais lui dit juste qu’il l’invite à prendre un café. Il lui explique qu’il est marié et a trois enfants qu’il aime. Et de poursuivre qu’elle l’a trouvé très sympathique et semblait une personne respectable. Sentant qu’il l’a mise en confiance il lui a assuré qu’il pouvait l’aider à immigrer vers l’Europe contre évidemment une somme d’argent pour les personnes qui vont lui faciliter la tâche. Il lui a fait comprendre qu’il n’allait rien empocher puisqu’il est employé dans une entreprise et gagne dignement sa vie. Son but est uniquement de rendre service. Buvant ses paroles, elle lui a versé une somme de plus de vingt mille dirhams mais elle ne voyait rien venir. Se rendant finalement compte qu’elle a affaire à un escroc elle a porté plainte.
Il s’est avéré qu’elle n’était pas son unique victime. Déjà deux plaintes pour le même motif le concernent. Toutefois tout au long de l’examen de son affaire et de son interrogatoire par le tribunal, ce repris de justice pour le même motif se disculpe arguant qu’il n’a jamais rencontré les plaignants. Mais, une reconnaissance de dette de vingt mille dirhams qu’il avait signée pour l’une des victimes et qu’il semble avoir oubliée l’a perturbé. Gardant le silence un bon moment il a répondu qu’il l’a signée lors d’une transaction commerciale.
Une déclaration jugée infondée par le juge qui lui a demandé de donner une preuve qui justifie cette transaction commerciale. Evidemment il n’en avait pas. C’est ainsi que le tribunal l’a jugé coupable pour escroquerie avec récidive et l’a condamné à deux ans de prison ferme.










