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Casablanca : Il séquestre une mineure dans une baraque et filme son calvaire

© D.R

Exploitation sexuelle
Dans une baraque d’un bidonville à Hay Moulay Rachid, à Casablanca, une adolescente portée disparue, dernièrement, pendant plusieurs jours, était séquestrée par un voisin, où il l’exploitait sexuellement tout en filmant la scène. Il a été arrêté alors qu’il tentait de la conduire ailleurs.

Il y a d’abord eu cette absence qui s’est fait remarquer dans une maison à Lahraouiyine, une commune urbaine de la province de Médiouna relevant de la région Casablanca-Settat. Là, une famille n’arrive pas à fermer les yeux aussi bien de la nuit que du jour. Car leur fille de quatorze ans n’est pas rentrée. Les heures passent, puis les jours. Personne ne sait où elle est. Les parents se rendent au poste de la Gendarmerie royale de Lahraouiyine pour signaler la disparition. L’alerte se répand aussitôt. Un avis de recherche est diffusé à l’ensemble des services de gendarmerie et de police. Une brigade est chargée de l’enquête. Les gendarmes interrogent les amies de l’adolescente, espèrent que l’une d’elles détient un indice, une piste, un mot laissé au hasard. En vain. La disparition reste une énigme, et l’inquiétude grandit.

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, une baraque d’un bidonville qui relève de la juridiction de la sûreté du district de Moulay Rachid abrite un secret. La mineure y est retenue par un jeune homme d’une trentaine d’années, un voisin de sa famille. Chaque jour, il l’y garde enfermée ; chaque soir, il regagne son propre foyer, referme la porte de la baraque derrière lui pour l’empêcher de fuir, puis se fond dans la vie du quartier comme si de rien n’était. Il va jusqu’à se joindre aux recherches organisées pour retrouver la jeune disparue, feignant de rentrer du travail à chaque apparition. Mais un geste va tout faire basculer. Craignant peut-être d’être repéré, le jeune homme décide de la conduire ailleurs. C’est ce déplacement qui le perd. Des policiers qui effectuaient une ronde routinière remarquent le visage inquiet de l’adolescente. Interpellés tous les deux, une vérification est faite : elle correspond à l’avis de recherche déposé par sa famille. La mineure et l’homme sont arrêtés puis, en coordination avec le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca, remis à la gendarmerie.
L’enquête s’accélère. La victime est entendue puis rendue à sa famille. Le jeune homme, lui, est placé en garde à vue le temps d’approfondir les investigations. C’est alors que les enquêteurs examinent son téléphone portable, un geste qui va se révéler décisif. Ils y découvrent des vidéos. Le jeune homme et la victime, filmés ensemble dans des scènes qui ne laissent aucun doute sur la nature de ce qui s’est passé dans la baraque. Face à ces images, les enquêteurs le questionnent. Cherchait-il à garder ces enregistrements pour lui, à s’en servir pour faire pression sur la victime, ou à les vendre ? L’homme ne répond pas.

Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent. Le jeune homme connaissait la victime, c’était sa voisine. Pour éviter d’être soupçonné dans un quartier où la nouvelle de la disparition circulait déjà, il avait choisi de l’attirer loin de chez elle, dans cette baraque isolée. Là, pendant plusieurs jours, il l’avait séquestrée et exploitée, filmant les faits avec son téléphone.
Le mis en cause a finalement été traduit, en état d’arrestation, devant le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca, poursuivi pour séquestration et attentat à la pudeur sur une mineure.