Faits-Divers

Chichaoua : Un enseignant homosexuel piégé par son partenaire

© D.R

Chantage
Il y a des histoires qui commencent dans le secret et finissent au grand jour, devant la justice. A titre d’exemple, celle de ces deux jeunes hommes qui se sont liés, depuis plusieurs mois, par une relation qu’ils ont soigneusement cachée. Entre eux, une intimité vécue loin des regards. Mais, cette discrétion est devenue, sans que l’un des deux ne le sache, une faille exploitable par l’autre.

Ce jeune homme de vingt-quatre ans semble être le partenaire de ce jeune enseignant, son aîné de deux ans, qui exerçait dans un établissement scolaire de la région de Chichaoua. Bref, ils entretenaient une relation d’homosexualité. Seulement, il paraît que ce jeune homme a sorti son téléphone portable et sans prévenir son partenaire, il a filmé leurs moments les plus intimes. Puis il a rangé ces images comme on range une carte qu’on gardera pour plus tard. Le silence s’est refermé sur ce secret, jusqu’à ce que l’argent, qui circulait entre eux, vienne à manquer. C’était le déclic. Celui qui possédait les vidéos a compris soudain le pouvoir qu’elles lui conféraient. Il a posé ses conditions à son compagnon : payer, ou voir son intimité étalée devant ses proches, ses collègues et sa famille. L’enseignant, terrifié à l’idée que sa vie bascule, a d’abord choisi de céder. Il a payé, espérant acheter ainsi le silence. Son maître-chanteur, pour parachever la mise en scène, lui a assuré avoir définitivement effacé les vidéos de son appareil. Un mensonge de plus. Car quelque temps après, la menace a ressurgi, identique et implacable. Les mêmes images ont été brandies à nouveau, accompagnées d’une nouvelle exigence financière. C’est à ce moment précis que l’enseignant a compris qu’aucune somme ne mettrait fin à ce chantage. Chaque paiement n’a fait que retarder la prochaine menace, jamais l’éteindre. Rongé par l’angoisse et incapable de trouver une issue par lui-même, le jeune homme a alors pris la décision qui allait tout changer, le dénoncer. Il s’est rendu à la Gendarmerie royale et a raconté, sans détour, ce qu’il subissait depuis des mois, leur relation, les vidéos, le chantage répété et l’argent extorqué sous la menace.

Les gendarmes du Centre territorial de Sidi El Mokhtar ont aussitôt pris l’affaire en main, sous la supervision du procureur du Roi d’Imintanout. Le plaignant a été auditionné en premier lieu. Puis les enquêteurs ont localisé, lundi 3 août, le suspect et l’ont interpellé. Son téléphone, pièce centrale de l’enquête, a été saisi. C’est en analysant cet appareil que les enquêteurs ont compris l’ampleur réelle du dossier. La vidéo de chantage y figurait toujours, intacte, malgré les promesses de suppression. Mais l’enregistrement a également révélé un fait distinct, qui a élargi le champ de l’investigation. Alerté, le procureur du Roi en charge de l’affaire a ordonné l’ouverture d’une enquête complémentaire, avec une nouvelle audition des deux jeunes hommes.

Confronté aux preuves, le suspect a fini par tout reconnaître. Il a admis la relation et n’a pas pu nier face aux éléments accablants réunis contre lui : la vidéo elle-même, mais aussi l’ensemble des messages de menace échangés, qui ont confirmé chaque détail du récit de la victime. La suite a été rapide. Le mis en cause a été placé en garde à vue.

gendarmeMercredi 5 août, les deux jeunes hommes ont été déférés devant le procureur du Roi, en état d’arrestation. Ils ont été poursuivis pour homosexualité, menace de divulgation d’informations diffamatoires, chantage et enregistrement d’une personne sans son consentement.

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